Un F-14 A prend son envol depuis un tremplin «saut à ski» formant un angle de 9 degrés avec le sol. | Department of Defense. Defense Audiovisual Agency via Wikimedia Commons
Un F-14 A prend son envol depuis un tremplin «saut à ski» formant un angle de 9 degrés avec le sol. | Department of Defense. Defense Audiovisual Agency via Wikimedia Commons

Pour propulser ses engins hypersoniques, la Chine opte pour des tremplins «saut à ski»

Plus simple, plus sûre, plus rapide, la méthode fait ses preuves.

Dans le vocabulaire de l'aviation, on appelle cela un tremplin «saut à ski». Cette rampe incurvée vers le haut présente l'avantage considérable de compenser la longueur parfois insuffisante de certaines pistes, puisqu'elle favorise à elle seul le décollage des appareils.

Cette pratique, dont le galop d'essai est vraisemblablement dû à la Royal Navy durant la Seconde Guerre mondiale, avait longtemps été laissée de côté. Jusqu'à ce que, récemment, la Chine la reconsidère pour mieux la moderniser. Interesting Engineering explique, en outre, que cette méthode destinée à l'aviation pourrait bientôt être utilisée dans l'aérospatiale et le domaine des engins hypersoniques.

«Les résultats prouvent que cette technologue, considérée comme obsolète sur les porte-avions modernes, pourrait être adaptée pour des mises en orbite», affirme en effet Wang Yupeng, qui dirige les études menées sur le sujet à l'Institut de science et de mécanique de Pékin.

«Cela pourrait aussi résoudre un problème rencontré par les chercheurs travaillant dans le domaine de l'hypersonique, ajoute-t-il, à savoir: comment surmonter les turbulences, aussi fortes qu'imprévisibles, que génèrent les vitesses les plus hautes, et ainsi réussir une séparation plus douce entre le porte-avion et la navette.»

Le tour du monde en deux heures

Les essais, réalisés avec un modèle réduit d'avion (échelle 1/80e), se sont déroulés dans le tunnel JF-12, doté de la plus puissante soufflerie du monde, afin de recréer des conditions similaires à celles du domaine hypersonique –terme employé à partir de Mach 5 (cinq fois la vitesse du son, soit 1.125 km/h) environ. Ils ont permis de faire atteindre à l'appareil une vitesse de Mach 7.

Les résultats ont visiblement donné pleine satisfaction aux équipes chargées d'effectuer ces tests, même s'il reste quelques problèmes de déviation à corriger: les appareils lancés ont parfois tendance à manquer de stabilité et à s'éloigner de leur trajectoire.

Selon Wang Yupeng, un tel système pourrait permettre de lancer un engin spatial d'environ 87 tonnes en tout juste huit secondes. Grâce à l'emploi d'un tremplin saut à ski, seul un dixième de la poussée de l'engin serait utilisé au moment de ce décollage.

Ces expérimentations font partie du vaste projet que la Chine ambitionne de mener à bien: celui d'un avion hypersonique à respiration aérienne pouvant transporter des passagers en volant cinq fois plus vite que le son au moins, ce qui permettrait à n'importe quel voyage autour de la Terre de durer moins de deux heures.

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