Le moteur d'un A380 lors de son montage, dans les usines d'Airbus à Blagnac. | Rémy Gabalda / AFP
Le moteur d'un A380 lors de son montage, dans les usines d'Airbus à Blagnac. | Rémy Gabalda / AFP

Un alliage en titane très courant inquiète l'industrie aéronautique

Les conclusions d'une enquête sur l'incident grave subi par un A380 au-dessus du Groenland en 2017 posent question.

Il aura fallu trois ans au Bureau d'enquêtes et d'analyses pour la sécurité de l'aviation civile (BEA) pour rendre son rapport sur l'incident grave ayant mené à l'atterrissage d'urgence d'un Airbus A380 à Goose Bay au Canada, le 30 septembre 2017. Et ses conclusions n'ont rien de rassurant pour l'ensemble du secteur, déjà mis à l'arrêt par la pandémie de Covid-19.

La frayeur, pour les 521 âmes à bord, fut de taille. Au-dessus du Groenland, alors que le long-courrier à deux étages reliait Los Angeles et Paris, la partie frontale de l'un de ses quatre moteurs, un GP7000 développé conjointement par General Electric et Pratt & Whitney, se désintégrait purement et simplement.

Pour déterminer s'il s'était agi d'un défaut de conception ou d'un manquement dans la maintenance, le BEA a dû se mettre à la chasse aux débris, dans des conditions extrêmes. Appuyé par son équivalent danois, il a passé les neiges et glaces du Groenland au peigne fin, une recherche minutieuse qui a pris vingt-et-un mois et coûté plus de 5 millions d'euros.

La quête a abouti à la découverte, 10 centimètres sous la surface neigeuse, de la dernière pièce du puzzle: l'aiguille dans la botte de glace était une pièce liée aux pales du moteur. Celle-ci est faite d'un alliage de titane nommé Ti-6-4, largement utilisé par l'industrie depuis les années 1970, apprécié pour son ratio poids/résistance, ainsi que pour sa bonne résistance à la corrosion.

C'est pourtant ce héros titanesque de l'aviation moderne qui, dans ce cas particulier, a fini par se briser. L'enquête met ainsi en cause une fissure née sous la surface de l'objet et causée par un phénomène que les scientifiques, en anglais, qualifient de cold dwell fatigue. Jusqu'ici irréprochable, le Ti-6-4 pourrait donc, selon ces conclusions, voir son statut totalement révisé par l'ensemble de la filière aéronautique.

Une histoire de chance

S'il a d'abord mis en cause un problème de maintenance, le constructeur du réacteur –poussé par la Federal Aviation Administration américaine– a tout de même pris les devants en procédant à une inspection minutieuse de tous les réacteurs pouvant s'avérer problématiques.

L'enjeu est désormais, selon le BEA, d'apprendre à mieux connaître cette forme particulière d'usure du titane, et à la prendre en compte dans la conception de nouvelles pièces ou aéronefs. «Il y a une part de mauvaise chance dans ce qui s'est passé, mais cela ne peut pas être ignoré», a expliqué Rémy Jouti, directeur du BEA.

De la chance, l'A380 et les personnes qu'il transportait, dans leur malheur, n'en ont pourtant pas manqué. Car le rapport note également qu'au moment de l'explosion, les débris du moteur ont été projetés verticalement, et non horizontalement. Cela aurait engendré pour l'avion des dégâts généralisés, et une catastrophe sans doute mortelle.

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