L'Atomium de Bruxelles, une bien minuscule construction comparée à ce qui attend l'humanité. | Lara Puscas via Unsplash
L'Atomium de Bruxelles, une bien minuscule construction comparée à ce qui attend l'humanité. | Lara Puscas via Unsplash

Apocalypse numérique: dans 150 ans, il y aura plus de bits créés que d'atomes sur Terre

Trop d’information, plus assez d'énergie.

Le big data menace-il de faire exploser l'humanité? La production de données numériques connaît une croissance exponentielle depuis plusieurs années et pourrait bien conduire à une «catastrophe de l'information», avance Melvin Vopson, professeur de mathématiques et de physique à l'université de Portsmouth. Un moment où la masse d'informations créée sera tellement énorme que nous n'auront plus assez d'énergie pour l'alimenter.

Selon IBM, nous produisons chaque heure 2,5 trillions d'octets dans le monde par nos activités numériques. Un octet contenant 8 bits, cela représente 20 trillions de bits qui se déversent chaque heure sur les serveurs et ordinateurs du monde entier, 90% des données ayant été créées lors des 10 dernières années.

D'après les calculs de Melvin Vopson, détaillés dans un article paru sur le site AIP Advances, le nombre de bits pourraient dépasser celui des atomes sur Terre dans 150 ans, moyennant un rythme de croissance annuel de 50%.

L'énergie dépensée pour créer et stocker ces données excédera alors celle de la totalité des besoins énergétiques de l'humanité –et encore, à supposer que ces besoins restent stables d'ici à 2170.

Le poids des bits

Le physicien déploie également une théorie nettement plus fumeuse, selon laquelle la «masse» des bits représentera la moitié de la masse de la planète d'ici à 2245. Une affirmation qui peut sembler incongrue dans la mesure où un bit n'a a priori aucune masse en soi.

Melvin Vopson avance toutefois que l'information pourrait constituer «un cinquième état de la matière», s'appuyant notamment pour cela sur la théorie de la relativité générale d'Einstein, qui affirme entre autres que la masse et l'énergie sont équivalentes, ou sur la théorie de l'information de Rolf Launder, qui assimile l'information à l'énergie.

Comme l'univers, qui n'est pas fait seulement de particules physiques mais aussi de rayonnement, de matières noire et d'énergie, l'information, bien qu'apparemment abstraite, pourrait faire partie de «la matière non organique de la vie».

D'après les calculs du physicien, la «masse» des informations générées annuellement est pour l'instant pratiquement insignifiante, 1.000 millards de fois inférieure à celle d'un grain de riz, soit le poids d'une bactérie Escherichia coli.

Mais en tenant compte d'une croissance annuelle de 50%, on arriverait à un cumul de 1 kilo de bits d'ici à 2070 et, en en 2245, la masse des données digitales représenterait la moitié de celle de la Terre.

«On aboutirait alors à une société dominée par la matière digitale et le code informatique, alerte Melvin Vopson. Nous changeons littéralement la planète bit après bit», assume-t-il. Une nouvelle version 4.0 du transhumanisme.

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