En mesurant les caractéristiques du champ à un endroit donné, on peut se localiser plus ou moins précisément sur la surface du globe. | Jonatan Pie via Unsplash
En mesurant les caractéristiques du champ à un endroit donné, on peut se localiser plus ou moins précisément sur la surface du globe. | Jonatan Pie via Unsplash

Le champ magnétique terrestre peut-il remplacer le GPS?

Inquiète des risques de piratage du système, l'US Air Force teste la géolocalisation par magnétomètre.

L'armée américaine semble de plus en plus préoccupée par la guerre spatiale, et notamment par la possibilité de détourner ou d'interrompre le signal GPS, crucial pour la navigation des avions et des drones.

Les scientifiques de l'Air Force Institute of Technology (AFIT) planchent depuis plusieurs années sur une alternative beaucoup plus difficile à pirater: le champ magnétique terrestre.

Tel un gigantesque aimant, la Terre émet un champ magnétique dont l'intensité et la direction varient en fonction de la latitude et de la longitude. En mesurant les caractéristiques de ce champ à un endroit donné, il est possible de déduire sa position sur le globe à l'aide d'une carte de référence.

Développé par l'AFIT et le MIT, le système MAGNAV ambitionne d'installer des magnétomètres sur des avions de combat, qui pourraient alors se passer de GPS.

«Il en faut beaucoup pour brouiller un signal provenant de la Terre, et par beaucoup, je veux dire quelque chose de l'ordre d'une explosion nucléaire», indique au site Defense One le major David Jacobs, qui travaille sur le programme. Et puisque les magnétomètres n'enregistrent le champ magnétique qu'autour de l'appareil, il est bien moins aisé de couper le signal que quand il provient de l'espace, comme avec le GPS.

Plus sûr mais moins précis

Le système se heurte toutefois à plusieurs obstacles. Les magnétomètres et le dispositif électrique de l'avion lui-même sont facilement perturbés par des interférences. Pour en réduire le bruit, les équipes de l'AFIT font appel à des algorithmes d'intelligence artificielle.

Autre problème: les cartes de référence des champs magnétiques sont souvent peu détaillées, notamment en pleine mer (soit 70% de la surface de la planète).

Dans des conditions idéales (plus on vole vite et bas, plus la machine donne de bons résultats), la précision du MAGNAV est d'environ 10 mètres, contre 3 mètres pour le GPS, avance Aaron Canciani, ingénieur en génie électrique à l'AFIT, dans un article de Forbes.

Dans de moins bonnes conditions ou avec des cartes de moins bonne qualité, la marge d'erreur est d'un kilomètre –ce qui est largement suffisant pour la plupart des missions, fait valoir Canciani (on espère tout de même que les missiles ne seront pas guidés par ce système).

Afin d'accélérer le développement de sa technologie, l'US Air Force a lancé un challenge pour perfectionner l'IA du MAGNAV: une procédure beaucoup plus légère que les contrats qu'elle passe habituellement avec ses fournisseurs. Exceptionnellement, l'armée a mis à disposition de la communauté scientifique l'ensemble de ses données.

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