L'industrie de la tech veut pousser le vocal comme une nouvelle interface par défaut. | Bruno Gomiero via Unsplash
L'industrie de la tech veut pousser le vocal comme une nouvelle interface par défaut. | Bruno Gomiero via Unsplash

Les assistants vocaux et l'IA veulent vous aider à draguer

Une start-up veut créer un coach en séduction sous forme d’intelligence artificielle vocale.

En quelques années, s'adresser à un objet inanimé est devenue une action banale. Les assistants vocaux sont le gadget favori de Google et Amazon et, grâce à leur matraquage publicitaire, les enceintes connectées de type Google Home ou Alexa sont de plus en plus présentes au sein des foyers.

Coach en séduction

Converser avec un assistant vocal étant devenu plus naturel, d'autres entreprises sautent sur l'occasion et cherchent à appliquer des technologies similaires à leur secteur. L'un de ces domaines est, logiquement, celui des applis de rencontres, déjà bouleversées par les algorithmes.

Une start-up basée à Denver a lancé AIMM (Artificially Intelligent Match Maker), une application de rencontres basée autour d'une voix artificielle. Pour démarrer, plutôt que de cocher des cases, il faut répondre à l'oral aux questions de l'IA telles que «Avez-vous un mode de vie plutôt moderne ou traditionnel?» ou «Êtes-vous une personne à chats?».

L'application ne s'arrête pas là. Alors que normalement, vous vous tourneriez vers vos ami·es pour raconter le premier rencard et recevoir des conseils pour la suite, AIMM prend les devants et aide à planifier le premier coup de téléphone (l'app ne dispose pas de messagerie), le premier rendez-vous, etc.

L'IA suggère un lieu de rencontre, sélectionné selon votre personnalité et celle de la personne que vous allez rencontrer, vous demande comment s'est passé le date, vous encourage à persévérer ou au contraire à lâcher l'affaire et suit ainsi l'intégralité du début de la relation. Tout cela d'une manière «délicate, sensible et subtile», à en croire le fondateur de la start-up, Kevin Teman.

Biais et confessions intimes

L'app est victime des problèmes récurrents dans ce genre d'algorithmes, à savoir, les biais de ses créateurs. Les conseils dispensés sont donc plutôt sexistes (seuls les hommes disposeront de conseils pour organiser le premier date, AIMM partant du principe qu'ils doivent faire le premier pas) et hétéro-centrés.

Si le suivi des rencontres après la mise en contact est un élément relativement nouveau, la dimension vocale n'est qu'un gadget: mis à part un contact plus «humain», elle n'apporte rien qu'un bot textuel n'aurait pas pu faire.

C'est pourtant justement cet aspect qui interpelle. Avec Google Home, Siri, Alexa et les autres, la tech semble bien décidée à ce que la reconnaissance vocale se banalise et devienne une interface aussi naturelle qu'un écran. Un domaine aussi intime que la drague sera donc un test. Sommes-nous assez à l'aise pour parler à nos téléphones de nos états d'âme sentimentaux?

Il n'est pas innocent que l'IA remplisse le rôle qu'un proche assurerait habituellement. Le but est d'établir une relation de confiance avec sa clientèle, d'installer un climat dans lequel elle est à l'aise pour se confier. Confessions qui, évidemment, pourraient représenter de précieuses données à exploiter voire revendre.

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