Le futur n'est pas forcément rose pour le design automobile. | Carlo D'Agnolo via Unsplash
Le futur n'est pas forcément rose pour le design automobile. | Carlo D'Agnolo via Unsplash

La non-voiture peut-elle sauver l'automobile?

Les constructeurs devront repenser intégralement le concept de véhicule s'ils ne souhaitent pas disparaître.

Journaliste pour Fast Company, Devin Liddell prédit un avenir morose pour le secteur automobile. Il le compare au présent de l'aviation civile, dans lequel deux constructeurs, Airbus et Boeing, fournissent 99% de la production mondiale de gros-porteurs.

Concentration des acteurs, modèles de plus en plus interchangeables, design intérieur de plus en plus générique: Liddell ne voit pas pourquoi, en l'état actuel des choses et dans une vision très utilitaire de l'automobile, nombre de constructeurs actuels ne disparaîtraient pas du paysage.

Ce serait la fin de la voiture comme marqueur social, comme objet de désir, comme projet esthétique autant que technique. Adieu Fiat 500, Twingo, Ford F-Series, Plymouth Road Runner ou Renault Espace: s'ouvrirait une ère d'autos anonymes, conçues dans le seul but de transporter des individus d'un point A à un point B.

Cette uniformisation automobile peut pourtant, selon le journaliste, être évitée. Il serait pour cela nécessaire de repenser intégralement l'automobile et ses objectifs.

Infinie variété

Tout le monde produit des SUV, des berlines, des pick-up ou des citadines pour les habitant·es de Seattle comme pour les Californien·nes, pour les Sibérien·nes comme pour les personnes vivant en Afrique sub-saharienne.

Une première piste serait de concevoir des voitures qui ne soient pas basées sur les besoins utilitaires d'automobilistes lambdas et universels, mais sur ceux des villes où elles rouleront.

Liddell note que dans le cas des États-Unis, les préférences pour les marques et les modèles diffèrent d'une ville ou d'un État à l'autre –Seattle a par exemple un faible pour Subaru, car sa population apprécie les activités de plein air.

Topographie, sociologie ou climat, l'idée ouvre un nombre impressionnant de possibilités pour concevoir des gammes plus larges de véhicules plus variés.

L'autre solution concerne les véhicules autonomes qui, dans quelques années, accueilleront non plus des automobilistes mais de simples passagèr·es libres d'y faire ce que bon leur semble. Entre ici en jeu le concept de «non-voiture».

Si dans un monde aux nuits trop courtes et aux réunions trop nombreuses, l'imagination pousse pour l'instant vers le sommeil et la productivité, il est possible voire nécessaire de concevoir les véhicules autonomes comme des tiers lieux modulables, dotés de capacités en lien avec l'infinie variété des besoins et activités humaines.

Des bus scolaires qui livrent également des colis, des cocons roulants pour rencontres coquines, des voitures-karaoké la nuit ou des mini-salles de cinéma sur le périphérique, là encore, les horizons sont larges pour renouveler le secteur et permettre aux constructeurs automobiles de prospérer plutôt que de mourir à petit feu.

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