Un F-22 Raptor, durant l'Australian International Airshow, à Melbourne, le 5 mars 2017. À peine plus de la moitié de ces chasseurs américains sont prêts pour la guerre. | Mal Fairclough / AFP
Un F-22 Raptor, durant l'Australian International Airshow, à Melbourne, le 5 mars 2017. À peine plus de la moitié de ces chasseurs américains sont prêts pour la guerre. | Mal Fairclough / AFP

Des centaines d'avions américains ne sont pas prêts pour la guerre

Les États-Unis, une toute-puissance en trompe-l'œil?

Aucun doute: bien dotées numériquement, très avancées sur le plan technologique, les différentes flottes aériennes des armées américaines font des États-Unis la force la plus capable au monde. C'est du moins l'impression que les chiffres brut donnent. Car glissées sous le tapis, quelques bien gênantes poussières viennent ternir ce tableau brossant la toute-puissance américaine.

C'est la conclusion d'un rapport rendu par le Government Accountability Office (GAO), sorte de Cour des comptes américaine, titré «Air Force and Navy aviation: Actions Needed to Address Persistent Sustainment Risks» et s'intéressant à l'état réel des flottes volantes américaines.

Les conclusions n'ont rien de glorieux. Comme le rapporte Popular Mechanics, ce sont des centaines d'avions militaires américains qui pourraient ne pas être totalement prêts, ou prêts tout court, en situation de guerre. Un exemple criant: sur 186 F-22 Raptor possédés par les États-Unis, leur meilleur chasseur, seuls 93 sont prêts à entrer en action à tout moment, soit un sur deux.

Les chiffres sont similaires, est-il expliqué, pour les chasseurs F/A-18E/F Super Hornet, cheville ouvrière de l'US Navy en attendant la montée en puissance d'un F-35, avion de combat furtif lui-même criblé de défauts parfois rédhibitoires et, accessoirement, star du récent Top Gun: Maverick.

Cela ne signifie pas que tous ces avions, les F-22 Raptor, les F/A-18 Super Hornet, les bombardiers B-1B Lancer, ou les avions de transport militaire C-5 Super Galaxy et C-130 Hercules –le F-16 ou le F-35 n'ont pas été scrutés de la même manière– sont cloués au sol. Mais la GAO s'intéresse à leur capacité à remplir au moins une, sinon toutes les missions pouvant, de par leur nature, leur être assignées.

Missions impossibles

Le fait est qu'au moment où Joe Biden annonce un renforcement massif de la présence militaire américaine en Europe, les armées de l'air du Pentagone sont moins capables et puissantes qu'elles ne devraient l'être. Pire, les chiffres ont empiré entre 2015 et 2021, période sur laquelle s'est penchée la GAO.

Alors qu'en 2015, 67% des pourtant plutôt récents F-22 Raptor étaient prêts au combat, cette proportion a chuté à 50,3% six ans plus tard. De la même manière, si 54,9% de F/A-18E/F Super Hornet étaient considérés comme capables de venir à bout de missions en 2015 –un chiffre déjà problématique–, ce n'était plus le cas que de 51% d'entre eux en 2021.

En d'autres termes et comme le calcule Popular Mechanics, seuls 267 des 530 Super Hornet exploités par l'US Navy dans le monde sont réellement capables de partir en guerre. Comme dirait l'autre, ça la fout mal, d'autant plus mal qu'un chiffre de 75% de pleine capacité est visé à la fois par la Navy et par l'Air Force.

Parmi les causes de ces limitations, le Government Accountability Office cite, entre autres, le vieillissement des flottes, qui rend logiquement plus compliqué de maintenir les appareils en parfait état.

Dans certains cas, et de manière étonnante étant donnée la puissance du complexe militaro-industriel américain, l'US Navy comme l'Air Force souffrent de pénuries de pièces détachées, ou manquent de personnel au sol pour prendre soin des flottes concernées. Est également pointée du doigt la complexité technologique de certains appareils, en premier lieu desquels le F-22 Raptor, ou la surutilisation d'autres, tels le F/A-18.

Il est urgent de rectifier le tir, selon le GAO. L'US Air Force a donc décidé de retirer du service actif 17 des 62 bombardiers B-1B dont elle disposait, les appareils mis à la retraite pouvant ainsi être cannibalisés pour offrir des pièces détachées à ceux devant encore servir.

Comme le note également Popular Mechanics, le seul budget de l'US Navy est de 161 milliards de dollars (154 milliards d'euros). Elle affirme pourtant manquer de moyens pour maintenir ses avions en état de combattre. Dans le Pacifique ou en Europe, la Chine comme la Russie prennent sans doute bonne note de ces chiffres problématiques pour la domination américaine.

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