On attendra de le voir pour y croire. Mais en attendant, espoir. | Faradair
On attendra de le voir pour y croire. Mais en attendant, espoir. | Faradair

Le triplan hybride de Faradair promet des vols moins chers que le train

Et pas beaucoup plus polluants.

Et si, en vertu de l'urgence climatique, il ne fallait pas tout de suite tirer un trait définitif sur le transport aérien? Outre que la chose paraît impossible dans le monde actuel, les géants de l'aviation comme une myriade de start-up travaillent actuellement à des aéronefs électriques, plus verts, volant à l'hydrogène, alimentés par des carburants présentés comme «durables», etc.

Bref, si aucune entreprise ne rendra le fait de se déplacer par les airs d'un point A à un point B tout à fait neutre sur le plan environnemental, des solutions sont recherchées pour que l'aviation verdisse quelque peu. Et les trouver est urgent: selon Boeing, le nombre d'aéronefs sillonnant nos cieux devrait croître de 82% d'ici à 2041.

Peut-être, alors, le curieux triplan hybride proposé par la firme britannique Faradair trouvera-t-il sa place dans ce monde bouillonnant d'activités que l'on souhaite les moins polluantes possibles.

L'appareil, nommé Bio Electric Hybrid Aircraft (BEHA), a été conçu pour des vols courts, proposera dix-neuf sièges et sera propulsé par une hélice, elle-même alimentée par un moteur électrique et une petite turbine à gaz. Par ailleurs, des panneaux solaires pourraient alimenter en énergie la cabine –qui n'est par ailleurs pas pressurisée, dans le but de faire baisser les coûts de maintenance.

Point important pour une entreprise qui espère mettre des centaines de ses appareils en rotation au-dessus de nos villes et de nos têtes: le BEHA, auquel les trois plans devraient offrir une meilleure portance et qui volera plutôt à basse altitude, est présenté comme particulièrement silencieux.

Super low cost

«Pourquoi n'utilisons-nous pas les aéronefs comme nous prenons un bus?», s'interroge Cloughley face à un journaliste de la BBC. «Avant tout du fait des coûts d'opération des avions classiques. En outre, si l'on utilise beaucoup d'avions, cela crée beaucoup de bruit. Et, bien sûr, nous sommes entrés dans une ère où la durabilité environnementale est réellement clé pour notre avenir.»

«Nous avons donc décidé de proposer un aéronef qui ne serait pas seulement économique dans son utilisation, donc efficace et peu coûteux, mais aussi silencieux et durable», clame le Britannique, comme si son projet était né en un claquement de doigts.

L'objectif avoué de Faradair est aussi ambitieux que les promesses de son patron: l'entreprise veut, à terme, proposer des vols à très bas coût, une sorte de remplacement des trajets intercités par le rail ou la route par les petits sauts de puce du BEHA.

Un trajet entre Londres et Manchester coûterait ainsi environ 25 livres sterling (autour de 30 euros), soit moins cher qu'un billet de train, à en croire les projections du patron de l'entreprise, Neil Cloughley.

Peut-on, doit-on, croire à de telles promesses? Oui. Si le Bio Electric Hybrid Aircraft est encore bien loin d'atteindre le marché, et si le véritable coût global en CO2 de son intégration dans nos modes de transport sera à étudier de très près, un peu d'espoir n'engage pour l'instant à rien.

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