Le président coréen, Moon Jae-in, lors de la présentation officielle du KF-21 Boramae, le 9 avril 2021. | Yonhap / AFP
Le président coréen, Moon Jae-in, lors de la présentation officielle du KF-21 Boramae, le 9 avril 2021. | Yonhap / AFP

Le nouveau KF-21 coréen, un concurrent sérieux pour le Rafale?

Sorte de F-22 low cost, l'avion pourrait tailler quelques croupières au fleuron aéronautique français.

En quelques décennies, la Corée du Sud a su s'imposer internationalement comme un des acteurs incontournables –et souvent central– de l'industrie de l'électronique. Ses souhaits de souveraineté semblent désormais reposer sur un nouvel objectif: réussir à investir le monde, hautement lucratif, symbolique et d'un poids géopolitique massif, de l'armement de pointe.

C'est ainsi que le pays a présenté, le 9 avril, son nouvel avion de combat, le KF-21 Boramae («faucon» en coréen). Les observateurs n'ont pu manquer de remarquer, instantanément, une forte ressemblance avec le F-22 américain, considéré comme le meilleur aéronef militaire actuel et, à ce titre, interdit à l'export par le gouvernement des États-Unis.

Biréacteur, ailes en diamant, double empennage en biais et prises d'air anguleuses: si ce n'est sa taille plus petite, le Boramae ressemble à s'y méprendre au F-22, dont il reprend les grandes formes.

Le KF-21 jouera pourtant dans une autre cour que cette illustre référence. Bien que ces catégorisations soient discutables, sa furtivité réduite en fait un chasseur de 4,5e et non de 5e génération, comme le Rafale notamment.

Son développement a été des plus rapides: projet annoncé en 2015 seulement, l'avion devrait finir ses tests en vol en 2028, pour une entrée en service opérationnel en 2032.

Quasi coréen

Cette vitesse inhabituelle pour un tel programme, en particulier pour un nouvel entrant dans le domaine, s'explique aisément: Korea Aerospace Industries et la Corée du Sud, qui financent le projet en partenariat avec l'Indonésie, ont largement fait appel à des firmes occidentales pour l'avionique et la motorisation de ce Faucon.

De modèle F414 comme ceux qui équipent le F/A-18E/F Super Hornet, ses réacteurs sont ainsi fournis par General Electric. Des entreprises israéliennes, comme Elbit ou Elta, ont été mandatées pour travailler sur divers systèmes de vol ou sur le très crucial radar de l'appareil.

Surtout, le KF-21 Boramae n'emportera, dans un premier temps du moins, que des armements déjà connus des armées occidentales –le missile air-air Meteor de BAE, le projectile air-sol Taurus de Saab et MBDA ou un canon fourni par General Electric notamment.

Si cette large utilisation de technologies occidentales atténue quelque peu les velléités coréennes de souveraineté militaire, elle permettra au Boramae d'être proposé à un prix attractif sur le marché de plus en plus animé des chasseurs de dernière génération.

Il pourrait donc représenter une nouvelle épine dans le pied du Rafale de Dassault, qui conserve néanmoins pour lui l'excellence de ses performances, de son avionique et de ses systèmes d'armement.

Mais pour des nations désargentées souhaitant un entre-deux diplomatique et technologique entre la pointe occidentale et le choix de matériels russes ou chinois, de plus en plus aboutis eux aussi, le KF-21 Boramae pourrait constituer une option solide.

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