Pas littéralement, le sèche-cheveux. | Éric Piermont / AFP
Pas littéralement, le sèche-cheveux. | Éric Piermont / AFP

Un nouveau matériau pourrait réduire le bruit d'un avion à celui d'un sèche-cheveux

Une meringue révolutionnaire.

Les tympans de millions de personnes vivant dans le bruyant périmètre d'un aéroport remercieront peut-être un jour chaleureusement le chercheur Michele Meo. Lui et son équipe ont annoncé l'invention d'un matériau révolutionnaire qui pourrait grandement réduire les nuisances sonores des avions modernes.

Travaillant pour le Materials and Structures Centre (MAST) de l'Université de Bath, en Grande-Bretagne, les scientifiques ont publié une méthode de fabrication de cette «meringue» dans Scientific Reports.

Léger, cet aérogel d'oxyde de graphène et d'alcool polyvinylique ne pèse que 2,1 kilos par mètre cube selon l'équipe de recherche, qui le décrit comme le matériau d'isolation de ce type le plus léger jamais créé.

Ce poids le rend idéal pour «coffrer» les réacteurs d'aéronefs, et ce d'autant plus que l'une de ses propriétés les plus intéressantes est sonique.

Toujours selon l'équipe du MAST, le matériau serait capable de faire baisser de 16 décibels le bruit de l'un de ces engins, «réduisant les 105 décibels du rugissement d'un réacteur au décollage pour le faire ressembler à quelque chose plus proche d'un sèche-cheveux».

Meringue du futur

Le gain de confort ne serait pas seulement destiné aux personnes se trouvant à l'extérieur de ces bruyants avions, mais aussi et bien sûr à leurs passagers.

«C'est clairement un matériau excitant qui pourrait trouver de nombreuses applications, s'enthousiasme Michele Meo. Initialement dans le domaine aérospatial, mais également potentiellement dans de nombreux autres secteurs, comme celui du transport automobile ou maritime, voire dans la construction.»

«De manière très basique, la technique peut être comparée à celle du battements des œufs pour créer une meringue, explique le chercheur. C'est solide mais cela contient beaucoup d'air, donc il n'y a pas de pénalité de poids ou d'efficience pour réaliser de grandes améliorations en matière de bruit et de confort.»

Le progrès pourrait rapidement sortir des laboratoires pour s'appliquer au monde réel: selon Michele Meo, dont l'équipe cherche encore à améliorer les capacités thermiques de cette meringue miraculeuse, elle pourrait être prête à entrer en production d'ici dix-huit mois, et des partenariats industriels sont d'ores et déjà recherchés.

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