Notons le «Experimental» écrit au flanc de l'appareil. | Reliable Robotics via Business Wire
Notons le «Experimental» écrit au flanc de l'appareil. | Reliable Robotics via Business Wire

La start-up Reliable Robotics veut faire voler des avions sans pilote

Qu'est-ce qui pourrait mal se passer?

«Nous pensons que les avions devraient se piloter eux-mêmes.» Inscrit en préambule de la présentation de la start-up, le credo de Reliable Robotics est d'une clarté exemplaire: la jeune pousse californienne souhaite constituer une flotte d'aéronefs capables de transporter leur cargo sans pilote, grâce à l'autonomie logicielle et une lointaine télécommande.

Comme le raconte Bloomberg, l'histoire de la Reliable Robotics débute assez logiquement dans un cockpit: celui dans lequel s'installe en 2016 Robert Rose, patron de la start-up et ancien de Tesla et de SpaceX, pour qui il a justement planché sur les questions de pilotage automatique. Dans ce cockpit, il découvre des instruments qu'il considère être d'une complexité inhumaine, d'un autre âge.

«Ma première pensée, explique-t-il à Bloomberg, a été “Wow, c'est incroyable qu'on autorise une personne à se servir de tout ça!” [...] Il y a des couches et des couches de trucs. Et à chaque moment, on est à une erreur d'un accident fatal.»

Eurêka! Selon Rose, il n'y a aucune raison pour qu'un logiciel bien conçu, en symbiose avec des capteurs bien pensés, ne soient pas capables de faire ce que les humains font, de manière plus rapide et, pense-t-il, plus sûre. Il fonde donc Reliable Robotics (que l'on peut traduire par «Robotique fiable», tout un programme) en 2017 avec son camarade Juerg Frefel, avec qui il a travaillé chez SpaceX.

Au départ, les deux lascars pensent pouvoir concevoir un système avec des éléments déjà vendus sur le marché. Ils se rendent vite compte qu'ils sont insuffisamment fiables pour leurs ambitions et se mettent donc à concevoir leur propre électronique, ainsi que le logiciel capable de tout faire fonctionner de concert.

Ce sont des Cessna que Reliable Robotics barde de cette avionique ad hoc: capteurs multiples, ordinateurs, systèmes de géolocalisation dernier cri communiquent avec les éléments mobiles de l'avion, là aussi intégralement customisés, pour en prendre les commandes. Comme il est de coutume dans ce type de projet, tout est installé en double, pour parer à toute défaillance.

Y a-t-il un pilote dans l'avion?

Les systèmes d'autopilotage sont une chose commune dans le domaine aéronautique. Les plus aboutis sont capables de presque tout faire à la place des pilotes –au point, notent certains observateurs, de risquer de leur faire perdre leurs réflexes les plus élémentaires. Leur présence reste indispensable, notamment pour prendre en charge les communications de l'aéronef et, surtout, savoir comment réagir en cas de pépin.

L'autonomie recherchée par Reliable Robotics vise l'absolu: si elle est encore loin de bouter définitivement l'humain des cockpits, son objectif final est bien de les remplacer par des systèmes qui, est-il promis, seront plus fiable et plus réactifs.

Pour l'instant, un pilote reste derrière les commandes, au cas où, et une partie des tâches, notamment de communication, sont réalisées à distance par une autre personne.

L'un des deux Cessna de la flotte de Reliable Robotics appartient à FedEx, qui soutient le projet. Elle espère pouvoir développer la formule de ces cargos autonomes dans des zones rurales, faisant chuter le coût des rotations en les multipliant grâce à la grande simplification des impératifs humains.

Bloomberg explique que les systèmes mis au point par la start-up californienne coûtent «un prix à six chiffres». Reliable Robotics espère pouvoir faire chuter ce tarif quand ses technologies arriveront à maturité. Elle compte profiter des réseaux secondaires de petits aéroports pour développer son business. Puis, un jour, ne plus se contenter de transport de biens, mais faire voler des passagers.

«Pourquoi les gens ne pourraient-ils pas se rendre dans un aéroport, payer par carte bleue et embarquer dans un avion qui se pilotera de lui-même?» La réponse est pour l'instant réglementaire autant que technique: une homologation complète de ces autobus aériens par les autorités de contrôle reste du domaine du fantasme.

Notamment parce qu'il faudra leur prouver qu'un pilote au sol, formé comme tel et non comme un véritable aviateur, sera capable de comprendre parfaitement ce qui se passe dans les airs en cas de problème.

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