Un pas vers l'électrification de nos cieux. | Call me Fred Via Unsplash
Un pas vers l'électrification de nos cieux. | Call me Fred Via Unsplash

Cet avion hybride capte ses propres émissions polluantes

À l'instar des voitures diesel récentes, le concept présenté par le MIT recycle le dioxyde d'azote.

C'est le scandale Volkswagen qui a inspiré les chercheurs et chercheuses du MIT pour imaginer un nouvel avion «semi électrique» captant ses propres émissions de dioxyde d'azote (NO2).

Ce polluant, émis principalement par les vieux véhicules diesel, est en effet à l'origine du scandale sur les tricheries du conducteur liées aux émissions de ses voitures. Or, non seulement le dioxyde d'azote est à l'origine de milliers de décès prématurés dans le monde, mais il contribue aussi au réchauffement climatique.

Le problème dans les avions, c'est que les turbines à gaz, qui génèrent les émissions de NO2, servent également à faire tourner les hélices. La fixation d'un dispositif antipollution pompant les gaz d'échappement sur les turbines gaz, situées sous les ailes des avions, entraverait donc gravement la poussée qu'elles produisent.

L'équipe de recherche du MIT estime avoir trouvé une solution en déplaçant les turbines à gaz dans la soute de l'avion. De là, ces dernières alimentent un générateur électrique, qui lui, va entraîner les hélices.

Les gaz d'échappement émis par les turbines sont ainsi capturés et passent par un filtre (également situé dans la soute), qui dégrade le NO2 et «nettoie» l'air avant de le relâcher dans l'atmosphère.

Les chercheurs estiment ainsi que l'avion pourrait éliminer jusqu'à 95% de ses émissions de NO2 et réduire de 92% les décès précoces associés à ces émissions.

Mieux, mais pas parfait

«Ce système hybride est une première approche de l'électrification des avions, dans la mesure où la puissance limitée des batteries ne permet pas le transport sur des longues distances, explique Steven Barret, ingénieur en aéronautique au MIT. Ce serait beaucoup, beaucoup plus faisable que ce qui a été proposé pour les avions entièrement électriques».

Certes, cette conception ajouterait quelques centaines de kilogrammes à un avion, mais ce n'est rien au vu des centaines de tonnes de batteries nécessaires à faire décoller et voler un avion tout électrique.

Reste que cet aéronef ne résoudra pas totalement le problème du changement climatique. Car d'autres gaz à effet de serre contribuent à ce réchauffement: dioxyde de carbone (CO2), méthane (CH4), ozone (O3), sans compter les traînées de condensation et les cirrus (nuages de la haute atmosphère), qui ont eux aussi un très fort pouvoir réchauffant. Le secteur aérien représente 2,8% des émissions mondiales et on estime que le trafic va doubler d'ici 2030.

D'autres solutions sont donc à l'étude, comme l'amélioration des moteurs, l'allègement des appareils, les biocarburants, ou l'optimisation des routes aériennes –Boeing a par exemple annoncé vouloir utiliser 100% de carburant sans pétrole en 2030.

Au cours des cinq dernières décennies, la consommation de carburant par passager/kilomètre a été réduite de 70 à 80% selon la direction générale de l'Aviation civile.

En ce moment

Un canon laser géant, les désastreux succès de SpaceX, le business de la sextape, l'hebdo de korii.

Et Cætera

Un canon laser géant, les désastreux succès de SpaceX, le business de la sextape, l'hebdo de korii.

Dix articles pour vous garantir un dimanche sans ennui.

À l'écart de la Silicon Valley, des startups draguent le Pentagone

Tech

À l'écart de la Silicon Valley, des startups draguent le Pentagone

La plupart des firmes tech rechignent à travailler avec l'armée: pas celles-ci.

Le procès discret qui fait trembler l'industrie des armes

Et Cætera

Le procès discret qui fait trembler l'industrie des armes

Dans le New-Jersey, un procès «de routine» pourrait tourner au grand déballage pour Smith & Wesson, et chambouler tout le secteur.