Un rallye néonazi en Géorgie en 2018. | Spencer Platt / Getty Images North America / AFP
Un rallye néonazi en Géorgie en 2018. | Spencer Platt / Getty Images North America / AFP

Le passé nazi du boss de Banjo, la firme à la «Minority Report»

Un exemple supplémentaire des liens entre l'extrême droite et le secteur de la surveillance aux États-Unis.

Depuis l'arrivée de Banjo, l'Utah n'a plus grand-chose à envier à la Chine. Comme l'a révélé Motherboard début mars, l'entreprise a désormais accès aux flux de la plupart des caméras de surveillance de l'État, ainsi qu'à toutes sortes de données personnelles, comme les plaques d'immatriculation.

En combinant ces informations avec celles issues des réseaux sociaux, de satellites et d'autres sources grâce à ses algorithmes, l'entreprise se targue de pouvoir détecter automatiquement les crimes au moment où ils se produisent et de pouvoir ainsi alerter la police et les secours plus rapidement.

À ces méthodes anxiogènes s'ajoutent des révélations plus édifiantes encore. Selon une enquête de OneZero, le PDG et fondateur de Banjo, Damien Patton, 47 ans, a été engagé au sein d'un groupe de skinheads néonazis durant sa jeunesse chaotique, où il a participé à des crimes racistes.

Dans la soirée du 9 juin 1990, dans la banlieue de Nashville (Texas), deux membres des Dixie Knights du Ku Klux Klan ont roulé jusqu'à une synagogue et ouvert le feu, heureusement sans faire de victime. Le chauffeur était Damien Patton, alors âgé de 17 ans.

«Nous pensons que les Noirs et les Juifs prennent le contrôle de l'Amérique»

Arrêté, il a admis être membre d'un groupe de skinheads d'extrême droite agissant notamment pour le compte du Ku Klux Klan et de l'organisation Aryan Nations. Il a aussi avoué avoir participé à des meetings et réunions suprémacistes blanches.

«Nous pensons que les Noirs et les Juifs prennent le contrôle de l'Amérique, et c'est notre travail de reprendre l'Amérique pour la race blanche», a déclaré Damien Patton lors de son procès. Contacté par OneZero, il a reconnu les faits et exprimé ses regrets.

Durant la même période, il a aussi tagué des croix gammées et l'inscription «KKK» sur une église méthodiste fréquentée par la communauté afro-américaine. Patton s'est ensuite engagé dans l'US Navy, où il est resté en contact avec certains skinheads néonazis.

Initialement, Banjo devait utiliser l'intelligence artificielle pour scanner internet et permettre aux gens de se rencontrer par centres d'intérêt. Mais en 2013, après les attentats de Boston, Damien Patton a décidé que l'outil servirait à détecter les crimes en direct.

Ces affaires relèvent certes du passé. Mais certains algorithmes de surveillance sont marqués par les biais raciaux de leurs concepteurs. Si ceux de Banjo ont été conçus par un ancien néonazi, que doit-on en penser?

Les autorités de l'Utah semblent avoir pris la mesure de la problématique que posent ces liens entre l'extrême droite et les milieux de la surveillance aux États-Unis, déjà vus chez Clearview. Le procureur général de l'État a ainsi décidé de suspendre l'utilisation des outils de la start-up, en attendant une enquête plus poussée.

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