Un 747 aux couleurs de la NASA, dans toute sa (massive) splendeur. | Josh Methven via Unsplash
Un 747 aux couleurs de la NASA, dans toute sa (massive) splendeur. | Josh Methven via Unsplash

Quand Boeing planchait sur un avion porte-avions

Dans les années 1970, l'avionneur a réfléchi à transformer son 747 en «Airborne Aircraft Carrier».

Sur un plan militaire, le porte-avions flottant est certes un beau navire et un moyen idéal de projeter sa force, mais c'est un objet massif, relativement lent et dont la défense complexe nécessite l'accompagnement d'une coûteuse flottille de navires. Et si, plutôt que de flotter, ce «flat-top», pour reprendre l'expression anglo-saxonne, pouvait voler?

L'idée semble saugrenue. Elle ne le fut pourtant pas pour les têtes pensantes de Boeing qui, dans les années 1970, a formé une équipe pour plancher sur un concept d'avion porte-avions, nommé «Airborne Aircraft Carrier» (AAC).

Le candidat était tout trouvé: c'est le bon gros 747 qui aurait eu la lourde charge (littéralement) de transporter ce petit essaim de micro-jets militaires. Ceux-ci, une dizaine par AAC, auraient pu être lâchés au rythme d'un toutes les 80 secondes, avant d'être récupérés par un système de treuil, éventuellement réarmés et réapprovisionnés en carburant avant de repartir au combat. Des quartiers étaient même prévus pour le repos des pilotes.

À la fois précurseur et obsolète

L'objectif d'un tel porte-avions ailé était de grandement accélérer la force de projection de l'armée américaine, capable d'intervenir plus vite encore en n'importe quel point du globe. Un autre usage possible était l'escorte et la défense de bombardiers stratégiques lors de missions de combat.

Voici pour l'idée initiale. Qui n'est pas allée beaucoup plus loin que les schémas dessinés sur un coin de nappe, pour des raisons assez évidentes. Comme le rappelle Popular Mechanics, le projet aurait nécessité l'invention du système de lancement, de celui de récupération et, bien entendu, le développement de chasseurs suffisamment petits pour loger, à dix, dans un 747.

Surtout, le concept même d'avion porte-avions s'avérait déjà obsolète. Les progrès des missiles sol-air, attestés durant la guerre du Vietnam, en faisaient des menaces trop redoutables, tout comme les féroces forces aériennes du bloc de l'Est. Et alors que Boeing réfléchissait à son AAC, le gouvernement américain travaillait dans le plus grand secret sur des bombardiers furtifs (le B-1 Lancer et, surtout, le B-2 Spirit) qui pourraient se glisser derrière les lignes ennemies sans nécessiter d'escorte.

L'idée d'un essaim de petits appareils continue pourtant de faire son chemin, au point d'être devenu l'un des principaux axes de développement des armées de l'air du monde entier, en particulier américaine.

Le programme Gremlins, mené par le DARPA, ressemble ainsi de près à ce qu'imaginait Boeing, à ceci près qu'un C-130 Hercules remplace le Boeing 747, et que les aéronefs lâchés, des Dynetics X-61, sont des drônes autonomes.

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