À la queue leu leu. | Sergey Venyavsky / AFP
À la queue leu leu. | Sergey Venyavsky / AFP

Des bombardiers russes armés de projectiles nucléaires ont violé l'espace aérien suédois

Un cran plus haut dans la menace.

Début mars, les autorités militaires suédoises nous apprenaient que quatre aéronefs russes, deux Sukhoi 27 et deux Sukhoi 24, en provenance de l'enclave de Kaliningrad, avaient pénétré l'espace aérien du pays au-dessus de l'île de Gotland, en mer Baltique et face à la Finlande.

La rencontre a été brève, une minutes environ, avant que des JAS 39 Gripen suédois ne viennent à la rencontre des indélicats intrus pour les renvoyer, poliment mais fermement, vers d'autres horizons. Elle fait suite à des années d'incursions illégales de la Russie sur les zones –parfois maritimes– contrôlées par ses voisins, à qui elle aime rappeler régulièrement sa menaçante présence.

Mais il y a cette fois une nouveauté d'importance dans cette violation de l'espace aérien. Mercredi 30 mars, la presse suédoise nous apprenait que les soixante petites secondes de la rencontre à haute altitude avaient été suffisantes pour que les pilotes suédois chargés de l'interception ne prennent des photos des Su-24 et Su-27 qui leur faisaient face. Et grosse surprise: les deux premiers, bombardiers de leur état, étaient armés de projectiles nucléaires.

En pleine guerre en Ukraine, et alors que la Suède comme la Finlande réévaluent la possibilité d'inclure l'Otan, le message passé par la Russie est pour le moins fort. «Nous pensons que c'est une action délibérée, a commenté Carl-Johan Edström, patron de l'armée de l'air suédoise. Ce qui est particulièrement sérieux si l'on considère que la Russie est un pays en guerre.»

Loud and clear

La nouvelle est d'autant plus troublante que la Suède, comme sa voisine finlandaise également menacée par cette intrusion, était au même moment en train de participer à l'opération Cold Response 22. Organisée tous les deux ans par les pays de l'Otan, elle consiste en des exercices militaires concertés dans le Grand Nord; invitée en tant qu'observatrice, la Russie a, cette année, logiquement décliné l'invitation.

La Russie, qui a envahi l'Ukraine en prenant pour prétexte l'éventualité de sa prochaine adhésion à l'Otan, semble donc chercher à s'immiscer directement dans le débat démocratique interne de deux pays scandinaves, la Suède et la Finlande, quant à leur rapprochement avec l'alliance atlantique.

Instiller la peur d'une attaque atomique, fantasmatique mais jamais tout à fait à exclure, est un excellent moyen de pression sur les peuples comme leurs dirigeants.

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