Êtes-vous prêt·e à faire pénétrer les géants du net dans ce que vous avez de plus intime? | Amy Osborne / AFP
Êtes-vous prêt·e à faire pénétrer les géants du net dans ce que vous avez de plus intime? | Amy Osborne / AFP

Le cerveau est la dernière frontière des données personnelles et Facebook veut l'explorer

Le rachat de CTRL-Labs par la société de Mark Zuckerberg pose mille questions.

Cofondée par Thomas Reardon, un ancien de Microsoft et Patrick Kaifosh, un neuroscientifique, CTRL-Labs travaille sur un bracelet capable de traduire les impulsions électriques du cerveau en signaux intelligibles par la machine.

À terme, cette technologie devrait vous permettre de contrôler votre ordinateur ou votre téléphone uniquement par la pensée. Encore à l'état de développement, le projet de CTRL-Labs a déjà emmagasiné près de 67 millions de dollars (61 millions d'euros) d'investissements.

Il devrait bénéficier d'un sacré coup de pouce en rejoignant les équipes du Reality Labs de Facebook à Seattle: un rachat, pour une somme estimée à un milliard de dollars, a été annoncé fin septembre.

Un secteur en pleine expansion

Image emblématique de la science-fiction, la neurotechnologie pourrait devenir réalité et révolutionner notre quotidien bien plus tôt qu'on ne le pense.

C'est du moins l'avis d'Andrew Bosworth, en charge de la VR (réalité virtuelle) chez Facebook qui a salué cette récente acquisition, estimant que dans un futur proche nous serons capables «de partager une photo par la seule volonté».

Lors de son entrevue avec le journaliste Steven Levy, en 2017, Thomas Reardon ne s'était pas montré moins enthousiaste: «Je voudrais que nos appareils connectent un million de personnes d'ici les trois ou quatre prochaines années.»

Du temps de cerveau disponible

Si rien ne semble devoir freiner le développement des neurotechnologies (Elon Musk finance Neuralink, un projet d'implant cérébral destiné à augmenter nos aptitudes), certaines voix se lèvent d'ores et déjà pour en dénoncer les dérives potentielles.

Sans nier l'avantage considérable que cette technologie pourrait apporter au milieu médical avec, par exemple, la création de prothèses contrôlables par l'esprit, la mise sur le marché de produits scrutant l'activité de la matière grise suscite des craintes légitimes.

Au début du mois, la Royal Society du Royaume-Uni (l'équivalent de notre Académie des sciences) a ainsi publié un rapport pointant, outre les avantages, les risques de ce qu'elle estime être «la révolution neuronale» à venir. Le mois prochain, des législateurs chiliens devraient proposer un amendement élevant la protection de nos données neurologiques au rang de droit fondamental.

Alors que les géants de la Silicon Valley ont à rendre des comptes sur la captation de données numériques, il est facile d'imaginer ce que la collecte d'informations logées au sein même de notre cerveau peut faire craindre.

Sans même évoquer les dérives eugénistes ou discriminantes que pourrait entraîner la lecture de nos circuits neuronaux, la simple revente de ces données aux acteurs du neuromarketing constitue un problème majeur.

Tim Brown, chercheur au centre de neurotechnologie de l'Université de Washington, présage un futur «où nos données neuronales pourront être utilisées contre nous. Données auxquelles, rappelons-le, nous-mêmes n'avons pas accès...»

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