Un J-16 chinois faisant le malin. | STR / AFP
Un J-16 chinois faisant le malin. | STR / AFP

Un chasseur chinois J-16 manque d'envoyer un Boeing P-8A Poseidon australien au tapis

A-t-on (littéralement) frôlé le drame?

La rivalité dans le Pacifique entre l'Australie et la Chine ne cesse de grimper vers des sommets de plus en plus chauds. Une récente rencontre au-dessus des eaux internationales de la mer de Chine méridionale entre un chasseur chinois J-16 et un Boeing P-8A Poseidon australien de reconnaissance et de lutte sous-marine a bien failli finir en drame, comme le rapportent The War Zone ou Business Insider notamment.

Que des aéronefs de nations rivales se rencontrent dans les airs n'a rien de neuf, et peut parfois mener à des situations plus ou moins tendues. On se souvient de l'incident, fin mars 2022, mettant aux prises des bombardiers russes armés de projectiles nucléaires et des chasseurs suédois venus poliment mais fermement les raccompagner vers d'autres cieux.

Cette fois, c'est l'audace voire la témérité de tête brûlée de la manœuvre initiée par le J-16 chinois qui surprend –et qui a semble-t-il offert une belle frayeur à l'équipage de l'aéronef australien.

Le chasseur chinois s'est ainsi collé au nez du P-8A Poseidon avant de lâcher quelques salves de contre-mesures infrarouges (IRCM ou «chaff», en anglais), que l'on peut grossièrement décrire comme de petits nuages de filaments de métal brûlant, destinés à tromper les capteurs d'un missile à tête chercheuse.

Queue de poisson

«Le J-16 a accéléré et a coupé la route du P-8, se plaçant à très faible portée de son nez, a expliqué à 9News Richard Marles, ministre australien de la Défense. À ce moment, il a lâché ses contre-mesures infrarouges, qui contiennent des petits morceaux d'aluminium, dont une partie a été ingérée par les réacteurs du P-8. À l'évidence, c'est très dangereux.»

Ça l'est effectivement: tout débris de ce type, même de petite taille, pénétrant dans un réacteur en fonctionnement peut l'endommager sérieusement voire le détruire.

L'alerte a d'ailleurs été suffisamment sérieuse pour que l'avion australien, pourtant dans son bon droit puisque volant dans des cieux internationaux, ait dû interrompre sa mission de routine et rentrer à sa base pour faire inspecter ses moteurs.

Selon The War Zone et son collaborateur régulier Robert Hopkins, lui-même ancien pilote, c'est la première fois qu'une telle manœuvre est rapportée. Elle viole «les règles», assure-t-il: «L'une des “règles” des interceptions est “regardez mais ne touchez pas”. Un contact physique intentionnel (direct ou indirect) est hors limites», décrit-il ainsi.

Une plainte officielle a été émise auprès de Pékin, qui n'a semble-t-il pas encore réagi à l'affaire, mais dont on connaît les appétits territoriaux voraces dans la région. Le P-8A australien est l'un des deux appareils opérés depuis des années à partir de la base aérienne de Clark, aux Philippines.

Comme le rappelle The War Zone en faisant la liste, copieuse, des incidents récents dans la zone, cette rencontre n'est pas la première et ne sera pas la dernière entre des appareils ou navires occidentaux et leurs homologues chinois. Reste à espérer que ce cran supplémentaire dans l'intimidation ne mènera pas à des confrontations beaucoup plus graves.

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