Hong Kong n'est plus jugé aussi sûr qu'avant par les États-Unis. | Ruslan Bardash via Unsplash
Hong Kong n'est plus jugé aussi sûr qu'avant par les États-Unis. | Ruslan Bardash via Unsplash

Chine et États-Unis se livrent une guerre technologique sous-marine

Une rivalité à 20.000 lieues sous les mers.

Le projet date de 2016. «Pacific Light» est le fruit de l'association entre Google et Facebook avec Pacific Light Cable Network, une entreprise du New Jersey, pour dérouler un câble internet entre Los Angeles, Hong Kong, Taïwan et les Philippines.

Cette liaison serait la première à relier directement les États-Unis et Hong Kong, ce qui permettrait de transmettre de l'information à 120 terabytes par seconde. Mais pour que ce projet voie le jour, les deux multinationales ont aussi noué un partenariat avec la Pacific Light Data Communication Company, qui se trouve être la filiale hongkongaise de l'entreprise chinoise de télécoms Dr. Peng Group.

Alors que Google et Facebook ont déjà investi des millions de dollars dans cette entreprise et déroulé des milliers de kilomètres de câble, le département de la Justice américain (DOJ) s'est officiellement déclaré opposé au projet le 17 juin. Ses membres n'ont validé que les parties taïwanaises et philippines de «Pacific Light».

«Ce câble changerait la manière dont les données américaines circulent et sont stockées à travers le monde, explique à Politico Adam Hickey, un membre du département de la justice. Il a le potentiel d'établir Hong Kong comme le centre de gravité pour les données américaines en Asie, ce qui offrirait une opportunité sans précédent aux services de renseignements chinois.»

Enjeu politique

Ce n'est pas le DOJ qui a le dernier mot sur la situation mais la Commission fédérale des communications (FCC). Néanmoins, cette dernière travaille généralement en accord avec les corps responsables de la sécurité nationale, dont le département de la Justice.

Cette situation illustre la manière dont les infrastructures de télécommunication sont devenues un enjeu géopolitique central dans le conflit qui oppose les deux pays depuis l'arrivée au pouvoir de Donald Trump.

Huawei était depuis longtemps dans le viseur des États-Unis, qui essaient de limiter au maximum son implication dans le déploiement de la 5G à travers le monde. Le refus éventuel du projet «Pacific Light» représente une étape de plus dans l'escalade vers une guerre technologique totale.

L'une des raisons pour lesquelles un frein a été imposé à la mise en œuvre de ce canal de communications vers Hong Kong est que la cité-État, longtemps considérée comme plus sécurisée que la Chine continentale, est en train de perdre son autonomie vis-à-vis de cette dernière.

Cette justification ne suffit cependant pas à expliquer une telle mise à l'arrêt, car, comme le note le Wall Street Journal, le DOJ se contente généralement de s'assurer que les garanties de sécurité informatique soient suffisantes. Il ne s'était auparavant jamais opposé à la mise en place de câbles de ce type. Y compris entre les États-Unis et la Chine.

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