Un drone de reconnaissance à haute altitude WZ-7 de l'Armée de libération du peuple, à Zhuhai (Guangdong), dans le sud de la Chine, le 27 septembre 2021. | Noel Celis / AFP
Un drone de reconnaissance à haute altitude WZ-7 de l'Armée de libération du peuple, à Zhuhai (Guangdong), dans le sud de la Chine, le 27 septembre 2021. | Noel Celis / AFP

«Zone grise»: la Chine harcèle Taïwan avec ses drones civils et militaires

Le premier dont les nerfs lâchent a perdu.

Les regards sont de nouveau concentrés sur l'Ukraine, la mobilisation russe et le chiffon rouge nucléaire agité par Vladimir Poutine. Les tensions entre la Chine et Taïwan semblent, elles, être redescendues d'un cran depuis la visite de Nancy Pelosi début août à Taipei et l'ire absolue de Pékin, qui revendique l'île sans s'en cacher.

Retour à une certaine normale entre les deux nations? Pas tout à fait. Mi-septembre, Joe Biden réaffirmait, lors d'un entretien donné à l'émission «60 Minutes» que les États-Unis étaient prêts à intervenir militairement si la Chine s'en prenait à la petite République insulaire.

Pékin, de son côté, continue de harceler son voisin et utilise, pour rendre fous ses défenses anti-aériennes et ses décideurs, une technique aussi stressante qu'une escadrille de moustiques en formation serrée autour d'un vacancier estival: ce que CNN nomme du «troll avec des drones».

La Chine n'envoie pas que des drones militaires traverser la sacro-sainte «ligne médiane» du détroit de Taïwan: comme en témoignent des vidéos postées sur les réseaux sociaux de l'empire du Milieu, les civils chinois aussi prennent un malin plaisir à aller tester leurs appareils de loisirs au-dessus de têtes taïwanaises lambdas qui n'en demandaient pas tant.

L'une des vidéos sur le sujet, visible ci-dessous, montre ainsi des soldats taïwanais très agacés: postés sur l'une des petites îles constituant les avant-postes de Taïwan, ils viennent de se rendre compte qu'une «mouche» vidéaste et chinoise les filme, et se mettent à lui lancer des cailloux dessus –de maigre représailles.

Harcèlement

La chose est typique du harcèlement constant exercé par la Chine, qui profite d'une «zone grise» stratégique et militaire pour intimider Taïwan et tester ses défenses. Une tactique bien sûr vertement condamnée par les officiels de l'île: les actes de Pékin ne constituent pas une attaque armée à proprement parler, mais en présentent néanmoins certaines caractéristiques et menacent clairement une paix des plus fragiles.

Car quand les cailloux ne pleuvent pas, ce peuvent être les missiles. Le 1er septembre par exemple, Taipei annonçait avoir abattu, après sommation et pour la première fois, un drone chinois venu chatouiller d'un peu trop près l'îlot du Lion, à quelques encablures de Xiamen (province du Fujian), sur la côte chinoise.

Le 16 septembre, les autorités militaires taïwanaises ont également affirmé avoir détecté, dans leur zone d'identification de défense aérienne, deux curieux et menaçants animaux: une paire de drones furtifs et ultramodernes Guizhou WZ-7 «Soaring Dragon», des drones de reconnaissance voire d'attaque à haute altitude, seraient venus se montrer d'un peu trop près.

Accompagnés d'une nuée d'autres appareils, cinq navires et une vingtaines d'aéronefs selon Taïwan (des jets Shenyang J-16 ou un Shaanxi Y-9 de guerre électronique notamment), ces WZ-7, se rendant sans doute visibles à dessein, ont nécessité la mise en branle des défenses anti-aériennes de l'île.

Bref, la Chine a trouvé un moyen particulièrement stressant de jouer au tigre et à la souris avec cet embrassant voisin, dont elle conteste l'indépendance et dont elle prévoit, à terme, le retour dans le giron national. Et rien de ces manœuvres n'inspire la plus grande des confiances: de la zone grise stratégique au conflit armé écarlate, il peut parfois n'y avoir qu'un pas, une maladresse, une mauvaise décision.

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