La guerre du futur se jouera aussi dans l'espace. | Official SpaceX Photos via Flickr
La guerre du futur se jouera aussi dans l'espace. | Official SpaceX Photos via Flickr

La Chine cherche comment se débarrasser du Starlink d'Elon Musk en cas de conflit

Le guerre des étoiles? Vous n'avez encore rien vu.

Le Kremlin pourra vous le dire: Starlink, réseau internet satellitaire privé mis en place par SpaceX et Elon Musk, peut rapidement trouver une utilité militaire cruciale lors d'un conflit armé. Une partie des opérations mortelles menées par les drones ukrainiens repose ainsi sur la constellation américaine, seule à même de maintenir une connectivité au réseau lorsque les installations au sol sont coupées.

La Chine en a, semble-t-il, pris bonne note. Comme le rapporte un article du South China Morning Post (SMCP), des scientifiques du Beijing Institute of Tracking and Telecommunications Technology, organisme dépendant de l'Armée populaire de libération, ont commencé à plancher sur la question.

Dans un article récemment publié, ils mettent l'accent sur la nécessité pour le pays de trouver un moyen technique de se défaire de la constellation de satellites si elle devait constituer une «menace à la sécurité nationale» –donc, en cas de conflit ouvert avec les États-Unis, un scénario qui n'a rien d'improbable à en croire les récentes déclarations de Joe Biden.

«Une combinaison de méthodes matérielles et non matérielles de destruction devrait être adoptée pour faire perdre leurs fonctions à certains satellites de Starlink et détruire le système d'exploitation de la constellation», est-il crûment écrit dans la revue scientifique chinoise Modern Defence Technology.

Menace étoilée

Selon l'auteur principal du papier, Ren Yuanzhen, les drones et avions furtifs américains pourraient multiplier par 100 la quantité de données exploitables et échangeables s'ils étaient liés au réseau fourni par Starlink –dans une guerre moderne, ces données sont des armes.

En outre, le SMCP note que si Starlink est initialement un système civil, ses liens avec le Pentagone sont déjà marqués: les deux parties ont ainsi signé un pacte pour développer de nouvelles technologies reposant sur la constellation satellitaire, notamment un système de surveillance des armes hypersoniques.

Les petits satellites d'Elon Musk ont également été conçus avec, en tête, le risque de tentatives de destruction en cas de conflit: leurs petits systèmes de poussée ont notamment été pensés pour leur permettre de se déplacer en cas de menace physique dans l'espace.

«La constellation Starlink constitue un système décentralisé, est-il encore écrit dans l'article. La confrontation ne doit pas se penser contre des satellites individuels, mais contre le système dans son intégralité. Cela nécessite la mise en place de mesures efficaces et à bas coût.»

L'article ne préconise pas une solution en particulier, mais comme le note le SCMP, l'armée chinoise travaille déjà depuis des années sur des systèmes (lasers, micro-ondes...) capables de troubler ou de détruire d'éventuels satellites ennemis.

Du sol ou de l'espace, la Chine doit être capable de capter les signaux de Starlink pour évaluer une possible menace, ainsi que de savoir précisément où se trouvent les satellites de la constellation, dans laquelle pourraient être dissimulés des objets à vocation purement militaire.

Dans un contexte de grandes tensions, c'est la première fois qu'une telle attaque contre Starlink est évoquée par un organisme officiellement lié au gouvernement chinois. Qui, de son côté, planche également sur sa propre constellation de satellites. La guerre des étoiles ne fait que commencer.

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