Plateau de tournage du Mandalorian. | Via Disney / Epic Games
Plateau de tournage du Mandalorian. | Via Disney / Epic Games

Grâce à Fortnite, «The Mandalorian» révolutionne les effets spéciaux

ILM et Epic Games ont mis au point un plateau qui pourrait simplifier la production des blockbusters.

C'est un changement invisible pour le public, mais qui va peut-être transformer l'industrie du cinéma. The Mandalorian, première série exclusive Disney+ située dans l'univers Star Wars et pensée par le grand amateur de nouveautés techniques John Favreau, a été tournée dans un décor dont la technologie n'existait pas jusque-là.

Pour le casting, l'un des plus grand défis des super-productions actuelles est de parvenir à jouer non pas dans un décor réel mais devant un fond entièrement vert ou bleu, qui permet d'incruster des images et effets numériques en post-production.

Malgré le peu de vrais décors utilisés, The Mandalorian n'a pas été tourné sur fond vert. La production a eu recours à un plateau baptisé «StageCraft», constitué d'un immense écran LED de 6 mètres de haut sur 22 mètres de long. Ce dernier forme un arc de cercle à 270° et est surmonté d'un écran faisant office de plafond.

Au premier abord, rien de révolutionnaire: avant la démocratisation des effets numériques et dès l'ère du cinéma muet, il était courant de placer les comédien·nes devant un écran pour donner l'illusion du mouvement.

Seulement, cette technique n'autorise pas beaucoup de jeux de caméras, qui trahissent la supercherie puisqu'il devient vite évident que le fond n'est qu'une image sans profondeur.

Décor intelligent

Les images diffusées par StageCraft, elles, ne sont pas fixes. Il s'agit en fait d'environnements 3D photo-réalistes, comme on en trouve dans les jeux vidéo. Sauf qu'ici, ils ne s'adaptent pas au point de vue de la personne qui joue, mais aux déplacements des caméras.

Pour mettre au point cette nouvelle technologie, Industrial Light & Magic (ILM), entreprise pionnière des effets spéciaux fondée par George Lucas pour le premier Star Wars, s'est associé à Epic Games, le studio à l'origine de Fortnite et de l'Unreal Engine, un moteur 3D très utilisé dans l'industrie vidéoludique.

Lorsque la caméra bouge, elle envoie sa position à un ordinateur surpuissant, qui adapte les images diffusées par le StageCraft à ses mouvements et donne ainsi l'illusion d'un décor réel, doté de profondeur.

L'un des inconvénients majeurs des fonds verts est que les comédien·nes et les éléments physiques du décor sont éclairés d'une certaine manière, en anticipant ce à quoi ressemblera plus tard le décor numérique.

Mais quand les CGIcomputer-generated imagery») sont ajoutés bien plus tard, le résultat ne concorde pas toujours parfaitement avec les éclairages du plateau. Là encore, c'est le décor qui s'adapte aux besoins du tournage, et non l'inverse.

Même s'il propose de nombreuses avancées, StageCraft a aussi ses limites. On n'y tourne pas exactement comme on le ferait dans un décor réel: impossible par exemple d'utiliser des plans trop larges ou de s'approcher trop près des écrans, sous peine de dévoiler l'illusion.

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