Le Bayraktar TB2 turc sera peut-être aux airs ce que l'AK-47 a été au sol. | Birol BEBEK / AFP
Le Bayraktar TB2 turc sera peut-être aux airs ce que l'AK-47 a été au sol. | Birol BEBEK / AFP

Comment les drones low cost pourraient redessiner la guerre du futur

Face au pot de fer, le pot de terre a désormais ses chances.

Chacun s'imagine que la guerre 3.0 se jouera sur le plan technologique. Canon laser, missile hypersonique, arme quantique, canon à ultra longue portée, voire soldat «augmenté» et satellite espion… Chaque armée tente de se doter d'équipements toujours plus sophistiqués.

Mais, sur le champ de bataille, le gagnant n'est pas forcément le plus riche. L'an dernier, de simples drones bon marché ont aidé l'Azerbaïdjan à regagner le territoire du Haut-Karabakh détenu par les forces arméniennes et soutenues par la Russie, rapporte le Wall Street Journal.

Plusieurs vidéos montrent ainsi des attaques menées contre des chars, des camions, des postes de commandement ou des installations radar. Ces drones bon marché, souvent de conception turque ou chinoise, permettent ainsi à des petits groupes armés disposant de peu de moyens de rivaliser avec les armées les plus puissantes au monde.

«Au moins dix pays, du Nigeria aux Émirats arabes unis, ont utilisé des drones chinois pour tuer des adversaires», rapportent des analystes de la défense cités par le WSJ. L'an dernier, le secrétaire britannique à la Défense Ben Wallace avait également évoqué «les lourdes pertes» de la Syrie contre les drones turcs.

Seuls ou en groupe, ces drones peuvent surprendre et détruire n'importe quel véhicule blindé, rester en survol pendant de longues heures à la recherche d'une cible, assister les frappes d'artillerie au sol ou détecter des lacunes dans les systèmes de défense aérienne.

L'AK-47 des airs

L'un des fers de lance de cette guerre low cost est le Bayraktar TB2, un drone turc, capable de voler 27 heures d'affilée et de frapper une cible de 2 mètres à 8 kilomètres de distance. Des dizaines de pays sont déjà utilisateurs, dont l'Ukraine, l'Azerbaïdjan, la Libye ou encore le Maroc. En mai dernier, la Pologne a également confirmé qu'elle allait acquérir vingt-quatre drones TB2.

«Sa portée est cinq fois moindre que celle du MQ-9 américain, mais il est pratique et fiable», atteste le WSJ, qui le compare au fusil Kalachnikov AK-47, un «game changer» sur de nombreux champs de bataille du XXe siècle. Et son coût unitaire, 5 millions de dollars (4,15 millions d'euros), est quarante fois inférieur à celui du futur Eurodrone européen MALE (160 millions d'euros).

«Aujourd'hui, [les armées occidentales] emploient des équipements extrêmement sophistiqués conçus au départ pour affronter des armées classiques, et se retrouvent face à des gens équipés d'une kalachnikov et de lance-roquettes des années 1960», observe le Colonel Michel Goya, chercheur à l'École Militaire.

Une stratégie vouée à l'échec: après vingt ans de guerre en Afghanistan et plus de 815 milliards de dollars dépensés, les Américains se sont retirés du pays en avril dernier sans véritable victoire. Cela n'a pas empêché les dépenses militaires globales d'atteindre un nouveau record à 1.981 milliards de dollars en 2020.

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