Quand le matériel professionnel vient à manquer, les makers peuvent prêter main forte. | Andreas Solaro / AFP
Quand le matériel professionnel vient à manquer, les makers peuvent prêter main forte. | Andreas Solaro / AFP

Face à la pandémie de Covid-19, le DIY à la rescousse

Les «makers» tentent de bidouiller des équipements médicaux hors des circuits classiques.

Comment pallier la pénurie de masques et de respirateurs artificiels? Les makers peuvent peut-être aider. Cette sous-culture rattachée au mouvement DIY (do it yourself) encourage la création de projets orientés vers l'ingénierie, avec un intérêt particulier pour l'invention et le prototypage. Depuis le début de la pandémie, les esprits créatifs sont en quête de solutions.

Via des groupes Facebook, Slack et d'autres d'outils collaboratifs, une multitude d'initiatives cherchent à développer des respirateurs artificiels et des masques de protection qui puissent être facilement fabriqués et dupliqués, par exemple grâce à l'impression 3D. Les respirateurs sont indispensables aux malades touché·es par les formes les plus graves de la maladie.

En Italie, des bénévoles ont imprimé en 3D une centaine de valves de respirateurs, pour un coût d'environ 90 euros (soit moins d'un euro l'unité). Ces pièces détachées, qui coûtent normalement 10.000 euros pièce, n'étaient plus disponibles. Le fabricant de valves menace désormais ces bénévoles de procès pour violation de brevet –il n'y a pas de petits profits.

À Hong Kong, le Fab Lab de l'école polytechnique a déjà imprimé en 3D 10.000 visières transparentes. Elles permettent de protéger les yeux –un des points d'entrée du virus– et sont portées en plus d'un masque pour atténuer les risques de contamination. En conjonction avec des entreprises locales, la production devrait atteindre 30.000 unités par jour fin mars.

Pas une solution miracle

Les équipements médicaux DIY posent néanmoins question. Parmi les modèles de respirateurs artificiels proposés sur les plateformes, certains seraient en réalité dangereux pour les patient·es. Ils fonctionnent en effet sur le principe de la ventilation en pression positive continue (CPAP) et sont incapables de détecter la quantité d'air qui pénètre dans les poumons ou de réagir en cas de problème.

Si certains modèles de respirateurs DIY répondent aux exigences du personnel médical, il n'est aucunement garanti qu'ils pourront être utilisés par les hôpitaux. «Il serait très, très difficile de les faire approuver, surtout s'ils sont fabriqués principalement par des amateurs à domicile, car il n'y aura pas de standardisation», explique Julian Botta, interne en médecine à l'Université Johns-Hopkins et créateur d'un Google Doc pour concevoir des respirateurs DIY.

Pour ces raisons, certain·es makers ont décidé de se réorienter vers la production d'équipements basiques dont manquent les soignant·es: les masques, les gants, le gel hydroalcoolique... C'est le cas de Guy Cavalcanti, fondateur du groupe Facebook Open Source COVID 19 Medical Supplies.

Selon lui, les makers peuvent notamment être utiles aux personnes marginalisées qui n'ont pas accès aux hôpitaux et pourraient aussi prendre –partiellement– le relais en cas de saturation complète du système de santé.

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