Jusque là, mis à part sa performance oubliable, tout allait bien pour Valtteri Bottas. | Miguel Medina / AFP
Jusque là, mis à part sa performance oubliable, tout allait bien pour Valtteri Bottas. | Miguel Medina / AFP

Le crash à 1 million qui révèle la nouvelle économie de la Formule 1

Une ruine à 300 kilomètres par heure.

Trente-et-unième tour du Grand Prix de Formule 1 d'Émilie-Romagne, en Italie, seconde manche du championnat du monde 2021 de la discipline. George Russell, pilote pour l'écurie William, qui fut glorieuse mais qui est devenue plus modeste, tente un dépassement sur Valtteri Bottas, terne second couteau pour l'ultra-dominante Mercedes.

Sur une piste détrempée et à haute vitesse, le Britannique met une roue dans l'herbe, part en tête-à-queue et emporte le Finlandais dans son tohu-bohu: les deux voitures partent dans un crash spectaculaire qui les met en pièces, et au tapis.

L'accident, les noms d'oiseaux et gestes inamicaux qui s'en suivent ont offert un nouveau paroxysme à la rivalité entre les deux hommes: la star montante Russell convoitant le baquet d'un Bottas décevant. Un scénario rêvé pour la prochaine saison de la très populaire série documentaire Netflix Drive to Survive, qui a aidé à redonner à la discipline reine des sports mécaniques une puissante aura marketing mondiale.

Une histoire moins idéale en revanche pour les services comptables des deux écuries. Y compris pour Mercedes, la plus riche d'entre toutes: de retour dans son bercail anglais de Brackley, l'écurie a calculé que les dégâts sur l'auto de Bottas lui coûteraient plus d'un million de livres sterling, soit 1,15 million d'euros.

Cost cap

Les accidents sont des choses habituelles en Formule 1 et il était devenu peu courant de parler de ce type de factures, pièces et main d'œuvre. Après tout, un million de livres, d'euros ou de dollars constituent une paille pour une écurie telle que Mercedes, dont le colossal budget atteignait, selon certains calculs, plus d'un demi-milliard d'euros en 2020.

Mais en 2021, l'économie de la discipline a été bouleversée. Ce championnat où les dépenses ont augmenté de 1.000% ces trente dernières années souffre de la domination sans partage de Mercedes. Mais le secteur subit aussi d'audiences globales chancelantes. Il cherche à égaliser le niveau entre les écuries, à retenir les précieux constructeurs –comme Renault avec Alpine et le grand patron Luca de Meo se dit «engagée pour l'éternité»– voire à en attirer de nouveaux. Un strict contrôle des coûts a été implémenté cette année.

Initialement plafonné à 145 millions d'euros annuels après d'âpres tractations, montant réduit plus tard à 120 millions d'euros à la suite de l'impact d'une pandémie qui a un peu plus mis la Formule 1 dans l'embarras financier, le budget des écuries les a mises à la diète, sévère et forcée.

Nombre de postes de dépenses sont exclus de ces nouvelles limitations, au premier rang desquels ceux liés au marketing et aux salaires des pilotes. Le «cost cap» mis en place chamboule en revanche l'intégralité du domaine technique de la F1: les écuries ont dû restructurer leurs opérations et licencier en masse. Ellet doivent désormais compter chaque sou pour ne pas sombrer dans le somptuaire d'autrefois.

Comme l'explique Autosport, les écuries sont poussées à chasser la moindre économie possible. «On court derrière 10.000, 20.000 ou 30.000 livres sterling, pour être certains de ne pas dépasser la limite budgétaire», explique ainsi Christian Horner, Team Principal de la maison Red Bull.

Moins de pièces sont produites, certaines sont conçues pour être utilisées plus longtemps, au prix d'un peu de poids, donc de performance. Le moindre pépin –un aileron avant, que les voitures détruisent au moindre contact, peut coûter entre 120.000 et 240.000 euros pièce– peut avoir de sérieuses répercussions sur le développement technique d'une auto en cours de saison, donc sur la compétitivité de l'écurie, quelle qu'elle soit.

Avec des vaches plus maigres encore à venir ces prochaines années malgré une révision technique radicale en 2022, c'est ainsi une nouvelle compétition qui naît dans la compétition. Les petits s'étaient habitués à faire des miracles de peu de choses, les gros devront réapprendre à être malins plutôt que riches: le nerf de la guerre se tend, et la course ne peut qu'y gagner.

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