Un gros pépère. | omid roshan via Unsplash
Un gros pépère. | omid roshan via Unsplash

Jetti, la start-up qui veut mettre la main sur des millions de tonnes de cuivre inexploité

Son procédé pourrait sauver le monde de la pénurie.

Dans vos câbles électriques, ceux de votre smartphone, dans à peu près tous les appareils que vous utilisez quotidiennement, à grande échelle dans le réseau énergétique mondial, dans vos autos à batteries: le cuivre est partout.

Or, comme nous l'expliquions le 23 septembre, les réserves mondiales ne sont pas infinies et, si rien ne change, une grave pénurie pourrait se profiler à l'échelle mondiale. Malgré quelques hoquets, le cours du métal reste à un niveau très élevé et sa grande valeur le rend très prisé des voleurs –28 kilomètres de câble ont été ainsi chapardés en Bretagne il y a quelques jours.

Parce qu'il n'a semble-t-il d'autre choix que de se diriger vers le tout électrique, le monde de demain aura pourtant besoin de plus de cuivre –sans doute plus que ce que les exploitations minières actuelles peuvent produire. Si d'autres solutions technologiques sont recherchées et peuvent s'avérer prometteuses, une start-up nommée Jetti Resources s'apprête peut-être à bouleverser ce tableau plutôt sombre en permettant l'exploitation de réserves géantes du précieux métal.

De beaux restes

Comme l'explique Bloomberg, Jetti Resources s'est concentrée sur des types de minerais très communs, dans lequel du cuivre est piégé mais qui n'ont jusqu'ici pas été exploités par le procédé habituel et chimique de l'hydrométallurgie («leaching» en anglais), du fait d'un coût trop élevé pour atteindre une quelconque rentabilité.

«Notre technologie permet la production de cuivre à partir de minerais de basse qualité, qui contiennent 70% des ressources mondiales restantes de cuivre et qui jusqu'ici n'ont pu être exploitées de manière économique», explique la firme sur son site.

Le secret de la jeune pousse est un composé créé en collaboration avec l'université de Colombie-Britannique (Canada) et permettant de «briser» la barrière minérale rendant l'exploitation du cuivre par leaching impossible ou trop coûteuse.

Et cette matière première jusqu'ici laissée de côté par l'industrie minière pour des raisons économiques est abondante, très abondante: elle est soit laissée en terre, soit mise de côté après extraction et Jetti estime que, grâce à l'implémentation de sa technologie, 8 millions de tonnes supplémentaires de cuivre pourraient être produites chaque année d'ici à 2040. C'est considérable, et c'est un vital pour toute la filière.

La méthode de Jetti n'est pas qu'une promesse de laboratoire: elle est déjà utilisée dans la mine de Pinto Valley en Arizona. Avec des résultats semble-t-il suffisamment bons pour que les géants du secteur se penchent tous sur la jeune pousse. Trois des plus grosses firmes d'extraction de cuivre, y compris BHP, ont ainsi déjà placé quelques grosses billes dans la start-up, dont la valorisation atteint déjà près de 3 milliards de dollars (2,8 milliards d'euros).

Et si certains de ces colosses du cuivre travaillent de leur côté sur leurs propres solutions (Rio Tinto avec Nuton, par exemple), Jetti avance très vite. La start-up est ainsi en négociation avec BHP pour intégrer sa technologie à l'exploitation d'Escondida, dans le désert d'Atacama au Chili, considérée comme la plus grande réserve de cuivre au monde.

Et malgré la différence de taille entre les deux structures, c'est bien Jetti qui semble en position de force: si les négociations n'ont pas encore abouti, explique Bloomberg, c'est parce que la jeune entreprise tient absolument à installer sa propre usine à Escondida et cherche à obtenir une plus grosse part du gâteau final.

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