La politique fiscale des membres du ministère de l'Économie et des Finances s'inspireront-ils un jour de ce modèle? | Ludovic Marin / AFP
La politique fiscale des membres du ministère de l'Économie et des Finances s'inspireront-ils un jour de ce modèle? | Ludovic Marin / AFP

Une IA préconise de taxer les plus riches... et aussi les pauvres

Elle a simulé des millions de politiques fiscales différentes pour parvenir à cette conclusion.

«L'IA économiste» ne gagnera peut-être pas les prochaines élections. Conçue par des scientifiques de la société américaine Salesforce, elle utilise l'apprentissage automatique pour tester une infinité de politiques fiscales et choisir la meilleure. La même méthode a permis à des programmes informatiques de battre l'homme au go et aux échecs, en simulant de très nombreuses parties pour s'améliorer.

L'argumentation de Salesforce est la suivante: la fiscalité est le meilleur outil pour combattre les inégalités, mais c'est un outil difficile à manier dans une économie de marché. Pas assez d'impôts, et la pauvreté se développe. Trop d'impôts, et l'activité peut être découragée.

Par ailleurs, les économistes ne sont pas exempt·es de biais idéologiques. Ce projet d'IA économiste ambitionne donc de déterminer les meilleurs choix en matière d'impôts. Selon des résultats préliminaires, son programme permettrait une politique fiscale 16% plus juste que celle proposée par les prinicipaux économistes progressistes.

Jeu vidéo fiscal

Le programme ressemble à un jeu vidéo de gestion rudimentaire: dans un monde en deux dimensions, quatre «travailleurs», qui disposent de leurs propres IA, ramassent du bois et de la pierre et les les échangent, ou bien les utilisent pour construire des maisons et gagner de l'argent. Une autre IA décide comment les taxer.

«Les travailleurs peu qualifiés apprennent qu'ils réusissent mieux s'ils rassemblent des ressources et les travailleurs plus qualifiés apprennent qu'ils réussissent mieux s'ils achètent des ressources pour construire des maisons», explique la MIT Technology Review.

Au début de chaque simulation, ni les travailleurs, ni l'IA économiste ne disposent de la moindre connaissance: ils apprennent uniquement en faisant. À la fin de chaque année, les premiers sont taxés à des taux décidés par la deuxième, qui cherche à produire la situation la plus égalitaire possible tout en maximisant leur productivité. Ceci est reproduit des millions de fois, avec énormément de politique fiscales différentes.

Moins taxer la classe moyenne

Cette simulation est bien sûr une simplification considérable. Mais elle est est intéressante en raison de la multiplicité des IA: les décisions de celles des travailleurs et de celle qui décide de la politique fiscale s'influencent mutuellement. Ainsi, certains travailleurs ont diminué leur productivité pour éviter de passer dans une tranche de revenus plus taxée.

L'IA parvient à une conclusion iconoclaste: la meilleure politique consisterait à taxer autant les riches que les pauvres, et moins la classe moyenne. En testant cette hypothèse sur une centaine de micro-travailleurs du Mechanical Turk d'Amazon, l'équipe de recherche a constaté qu'ils se comportaient de façon similaire aux IA de la simulation, et que les inégalités entre eux s'étaient effectivement réduites.

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