Non, Elon Musk ne réussit pas tout ce qu'il entreprend. | Tesla
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SolarCity, le flop du grand projet solaire d'Elon Musk

Rachetée à grands frais en 2016, l'entreprise n'a jamais tenu ses promesses.

«Nous voulons créer des toits solaires plus beaux qu'un toit normal, qui produisent de l'électricité, durent plus longtemps, offrent une meilleure isolation et avec un coût d'installation inférieur à un toit normal plus le coût de l'électricité. Pourquoi achèteriez-vous autre chose?»

Voilà la séduisante présentation de SolarCity par Elon Musk lors de son rachat par Tesla en octobre 2016 pour 2,6 milliards de dollars. Pour l'entrepreneur, le solaire résidentiel allait être la prochaine révolution énergétique et il entendait bien répliquer le succès de Tesla dans ce domaine.

Elon Musk était d'autant plus persuadé du succès de son projet qu'il en avait lui-même soufflé l'idée à ses cousins, Peter et Lyndon Rive. Ces derniers ont fondé SolarCity en 2006, qui est alors devenu le premier installateur de panneaux solaires aux États-Unis.

Mais rapidement, les affaires tournent au vinaigre. Au quatrième trimestre 2017, Tesla enregistre une baisse de 43% de ses installations par rapport à la date de son rachat. L'entreprise perd sa position de leader sur le marché en 2018 et plafonne aujourd'hui autour de 2% du marché solaire résidentiel, selon Wood Mackenzie.

De mal en pis

«Au premier et deuxième trimestres de 2021, Tesla a installé 92 et 85 mégawatts d'énergie solaire, respectivement. C'est moins de la moitié de ce que SolarCity installait par trimestre avant l'acquisition», rappelle CNBC.

De nombreux employés ont été déplacés vers les usines de voitures et de batteries, et plus de 1.200 salariés ont été licenciés aux États-Unis en 2017. Pour ne rien arranger, certains toits ont pris feu et plusieurs anciens employés ont accusé l'entreprise d'avoir négligé les problèmes de sécurité.

En mai 2021, des clients furieux se sont plaints de la détérioration du service commercial, certains s'étant retrouvés dans le noir pendant plusieurs semaines sans que l'entreprise ne bouge le petit doigt.

Aujourd'hui, ce sont les actionnaires de Tesla qui se rebiffent. Le 12 juillet dernier, Elon Musk a été assigné à comparaître devant un tribunal pour prise illégale d'intérêts. Selon les plaignants, l'acquisition de SolarCity par Tesla en 2016 s'apparentait davantage à un sauvetage et un sérieux coup de pouce à ses cousins, Lyndon et Peter Rive.

Elon Musk et le conseil d'administration de Tesla, y compris le frère d'Elon Musk, Kimbal, «ont bénéficié de l'accord aux dépens de Tesla et des actionnaires minoritaires», accusent les plaignants. SolarCity «n'avait alors pas réalisé un seul profit, avait une dette croissante [3 milliards de dollars au moment de l'acquisition] et brûlait de l'argent à un rythme insoutenable».

Le multimilliardaire avait en outre fait intervenir SpaceX dans les tractations, qui avait acheté des dizaines de millions de dollars d'obligations solaires à SolarCity sans qu'on sache trop pourquoi, rappelle CNBC.

Elon Musk se défend en niant que SolarCity était dans une situation désespérée lors de son acquisition par Tesla. Il explique que l'entreprise devait permettre à Tesla de compléter sa vision dans les technologies des batteries. Le stockage d'énergie, avec le système Powerwall, est d'ailleurs aujourd'hui la principale source de revenus de SolarCity qui n'installe que très peu de toits solaires.

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