Des satellites Starlink aperçus depuis Svendborg, au Danemark, le 21 avril 2020. | Mads Claus Rasmussen / AFP

Des satellites Starlink aperçus depuis Svendborg, au Danemark, le 21 avril 2020. | Mads Claus Rasmussen / AFP

3% des satellites de Starlink sont déjà en panne

Elon Musk prévoit d'en envoyer 42.000 en orbite, au risque de créer un désastreux océan de débris.

Envoyer un satellite en orbite est une mission délicate. Aussi sophistiquées et dispendieuses soient-elles, les machines ont de nombreuses occasions de dysfonctionner; leurs systèmes de communication peuvent devenir inactifs, leurs propulseurs peuvent cesser de marcher, etc. Lorsque cela arrive, ces bijoux technologiques deviennent de simples déchets spatiaux.

Des milliers de débris, aussi appelés pollution spatiale, tournent ainsi en orbite autour de la terre. Deux d'entre eux, un russe et un chinois, ont, mi-octobre, donné quelques sueurs froides aux astronomes du monde entier.

De tailles variables, ces déchets représentent un danger pour les autres installations spatiales ainsi que pour les astronautes qui les habitent, qui risquent d'entrer en collision à très haute vitesse avec eux.

Le phénomène est d'autant plus sérieux qu'il se nourrit de lui-même: ces impacts créent de nouveaux débris, qui risquent d'en créer à leur tour, etc. Ce phénomène, nommé syndrome de Kessler, peut rapidement devenir hors de contrôle.

C'est donc un aspect à prendre en compte lorsqu'on prévoit, comme Elon Musk et SpaceX, d'envoyer des dizaines de milliers de satellites en orbite basse autour de la Terre.

Le projet Starlink de l'entreprise consiste en effet à ceindre notre planète d'une toile d'appareils, qui permettront un accès rapide au réseau internet partout dans le monde.

42.000 satellites à terme

À ce jour, un peu plus de 700 satellites ont déjà été mis en orbite par la firme. D'après Jonathan McDowell, un astronome basé à Harvard, environ 3% d'entre eux pourraient déjà être perdus.

Ce n'est qu'une estimation, SpaceX ne souhaitant pas communiquer sur le taux de panne de ses appareils, l'astronome se base sur l'observation des mouvements des satellites en question.

3% de perte n'est pas une marge d'échec particulièrement élevée. «Ce n'est pas pire que le taux d'échec de n'importe qui», explique McDowell. Mais, ajoute-t-il, «l'inquiétude est que même un taux d'échec normal produira beaucoup de débris si l'on met une si énorme constellation en orbite».

Pour l'instant, SpaceX dispose, de la part du gouvernement des États-Unis, de la permission d'envoyer en orbite 12.000 satellites Starlink. L'objectif d'Elon Musk et de sa firme est, à terme, de faire passer son réseau à 42.000 engins.

Si le taux d'échec est effectivement de 3% et qu'il ne change pas, cela se traduirait par 1.260 satellites de 250 kilos chacun finissant à la dérive dans l'espace. SpaceX assure de son côté que, lorsqu'ils ne fonctionnent pas ou plus, ses appareils retombent naturellement vers la terre et se désintègrent dans l'atmosphère, ou quittent l'orbite terrestre.

Mais SpaceX fait des émules et n'est pas la seule à souhaiter consteller ainsi l'espace. Amazon a notamment lancé un projet similaire d'internet haut-débit par satellite, un Project Kuiper pensé pour rivaliser avec Starlink.

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