Très mauvaise rentrée pour Mark Zuckerberg. | Alexander Shatov via Unsplash

Très mauvaise rentrée pour Mark Zuckerberg. | Alexander Shatov via Unsplash

En catastrophe, Facebook tente de rendre Instagram moins toxique

Le réseau social va introduire des fonctionnalités censées réduire ses conséquences sur la santé mentale des ados.

Depuis quelques semaines, Facebook est en mode gestion de crise. Le lundi 4 octobre, une panne mondiale jamais vue dans l'histoire de la firme a duré plus de six heures et a mis hors ligne Facebook, Instagram et WhatsApp. Une autre de moindre ampleur a suivi quatre jours plus tard. Malgré tout, les problèmes techniques sont le cadet des soucis de Mark Zuckerberg.

Il se préoccupe davantage des éléments que Frances Haugen, une ancienne employée de sa société, a dévoilé quelques jours auparavant au Wall Street Journal. Celle qui est qualifiée de lanceuse d'alerte à la suite de son initiative a transmis une masse de documents internes révélant que l'entreprise est parfaitement consciente du caractère nocif d'Instagram, dont elle est propriétaire.

Haugen pointe en particulier la prolifération des discours haineux et les conséquences négatives du réseau social sur la santé mentale des jeunes, que Facebook utilisent selon elle dans le but de faire des profits.

Après avoir nié par la voie de Pratiti Raychoudhury, vice-président et directeur de la recherche chez Facebook, la maison a mère a fini par suspendre en catastrophe une version d'Instagram destinée aux moins de 13 ans. Cette interruption temporaire n'a pas vraiment convaincu le Sénat des États-Unis, devant lequel a témoigné Frances Haugen le 5 octobre.

Trop peu trop tard

Lors d'une interview sur CNN, Nick Clegg, le «président des affaires mondiales» de Facebook, a tenté d'éteindre l'incendie en annonçant deux nouvelles fonctionnalités sur le réseau social. La première, intitulée «take a break» (faites une pause) permettra de «mettre son compte en pause et de prendre un moment pour savoir si le temps qu'on y dépense a du sens».

Si cette mesure semble assez floue pour l'instant, une autre se montre plus concrète: «Là où nos systèmes voient qu'un adolescent regarde le même type de contenu encore et encore, et que ce n'est pas un contenu propice à son bien-être, nous l'orienterons vers d'autre contenus», explique Nick Clegg.

Autrement dit, cette fonctionnalité permettrait aux algorithmes d'Instagram d'éloigner les jeunes de contenus nocifs, plutôt que de leur fournir un flux constant de posts similaires à ceux qu'ils consultent déjà. C'est à se demander pourquoi un tel système n'a pas déjà été mis en place, surtout lorsque, comme révélée par le Wall Street Journal, Facebook reconnaît en interne: «Nous aggravons les complexes d'apparence d'une adolescente sur trois.»

Reste à savoir comment fonctionneront réellement ces fonctionnalités, et comment Instagram déterminera qu'un contenu n'est pas «propice [au] bien-être» des ados qui l'utilisent. Interrogée par The Verge, Facebook précise que ces nouveaux systèmes ne sont «pas encore en phase de test mais le seront bientôt».

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