Pour l'instant, l'hydrogène doit être liquéfié puis conservé dans des réservoirs circulaires. Kobe, Japon, le 25 octobre 2020. | Etienne Balmer / AFP

Pour l'instant, l'hydrogène doit être liquéfié puis conservé dans des réservoirs circulaires. Kobe, Japon, le 25 octobre 2020. | Etienne Balmer / AFP

Les batteries à «hydrogène solide» vont-elles supplanter le li-ion?

En piégeant le gaz dans un dispositif semblable à une bobine de film, le prototype de Plasma Kinetics promet beaucoup.

Au sein de l'industrie des énergies renouvelables, tout le monde sait que la technologie largement majoritaire, les batteries lithium-ion, ne peut être l'unique solution d'avenir.

Pas assez efficaces, dangereuses, trop polluantes à produire… si elles suffisent aujourd'hui, elle ne deviendront pas en l'état la solution de stockage d'énergie du futur. Le problème est que personne n'est d'accord sur leur meilleure alternative.

Une solution souvent évoquée est l'hydrogène, un gaz abondant sur Terre pouvant servir de carburant. Ses détracteurs soulignent qu'afin de pouvoir être utilisé efficacement et en pratique, l'hydrogène doit être liquéfié.

Or, pour cela, le gaz doit être compressé à très haute pression et à une température extrêmement basse puis conservé dans de volumineux réservoirs. Tout cela demande de l'énergie, coûte cher et prend du temps.

Une entreprise nommée Plasma Kinetics pense avoir trouvé la solution. La start-up fondée en Arizona en 2008 développe une technique de stockage de l'hydrogène à l'état solide en piégeant le gaz dans une fine pellicule enroulée dans une bobine.

Bobine d'hydrogène

Cette pellicule faite d'un matériau «nanophotonique» extrêmement fin absorbe l'hydrogène et peut être ensuite pliée en milliers de couches afin d'être contenue dans une boîte.

Ce réceptacle agit comme une bobine de film: la pellicule est déroulée afin de se ré-enrouler dans une autre bobine. Seulement, plutôt que de passer devant un projecteur, elle croise un laser qui permet de libérer l'hydrogène contenu à l'intérieur.

Si Paul Smith, le fondateur de Plasma Kinetics refuse de dévoiler l'identité des entités ayant investi dans sa start-up, le média Popular Mechanics se fait l'écho de rumeurs affirmant que Toyota aurait contribué au capital de l'entreprise.

Ce ne serait pas très étonnant, le constructeur japonais étant l'une des entreprises les plus impliquées dans la recherche et développement concernant l'hydrogène, avec déjà plusieurs véhicules produits.

D'après Smith, l'avantage de cette technique est que la pellicule utilisée n'utilise aucun matériau rare, au contraire des batteries. Si le fondateur de la start-up assume que son idée n'est pas encore prête à voir le jour, il promet un prototype fonctionnel d'ici à fin 2023.

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