Joli mais mortel, le champignon. | AFP
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Deux centrales nucléaires chinoises secrètes inquiètent les experts

Le pays semble vouloir se doter de grandes quantités de plutonium. Et le plutonium, c'est mal.

L'appétence pour le nucléaire d'une Chine en pleine tentative de transition énergétique n'est un secret pour personne: le pays a dans ses cartons de nombreux projets de centrales, qu'elle commence d'ailleurs à exporter, et expérimente même avec de nouvelles méthodes l'extraction de l'uranium marin.

Ce n'est un secret pour personne, sauf quand ça l'est. Comme le rapporte Popular Mechanics, c'est semble-t-il le cas de deux unités dont l'empire du Milieu a commencé la discrète construction sur la petite île de Changbiao, dans la province de Fujian.

La China National Nuclear Corporation y bâtit deux réacteurs d'un type nommé China Fast Reactor 600. Le CFR-600 est, explique le site américain, une sorte d'antithèse des technologies désormais majoritairement utilisées par ailleurs.

C'est un «réacteur rapide refroidi au sodium» (RNR-Na), qui a la fâcheuse tendance à consommer plus d'uranium que d'autres solutions appliquées ailleurs. C'est surtout ce que l'on appelle un «surgénérateur», comme a pu l'être Superphénix: doté d'une confortable capacité de 1500 MWt et 600 MWe, le CFR-600 produit plus de combustible qu'il n'en consomme.

Du plutonium, tiens tiens...

Nourri au MOx, carburant atomique que lui fournit l'étroit allié russe via Rosatom, le CFR-600 recrache ainsi du plutonium, de grandes quantités de plutonium. Et c'est précisément ici que le bât blesse et que les experts ouvrent de grands yeux effrayés.

Car le plutonium est ce que l'on met dans les têtes nucléaires. Et un rapport récent du Nonproliferation Policy Education Center explique que les deux centrales construites par la Chine pourraient lui permettre de disposer de 1.270 de ces engins de la mort d'ici à 2030: c'est colossal, et à même de bouleverser certains fragiles équilibres.

Une partie des analystes constatent que le programme nucléaire civil chinois est –en partie– d'une grande opacité comparé à ceux des pays européens, des États-Unis, du Japon ou de la Corée du Sud notamment, Beijing n'ayant procédé à aucun rapport auprès de l'Agence Internationale de l'Énergie Atomique (IAEA) depuis 2017.

Ils s'interrogent logiquement sur cette curieuse capacité de réacteurs supposés civils à ainsi contribuer à la constitution d'un important stock de plutonium: seul un usage au final militaire semble pouvoir expliquer ces choix techniques inhabituels.

«La Chine est actuellement engagée dans une course à l'armement atomique qui, selon les officiels du renseignement américain, devrait à terme permettre à Beijing de doubler (ou plus) son arsenal nucléaire», explique ainsi l'un de ces experts à Popular Mechanics.

Cela n'a rien de très surprenant pour une grande puissance historique comme la Chine, qui après tout ne fait que suivre les exemples occidentaux ou soviétique. Mais en cascade ou en réponse, il y a de quoi provoquer une nouvelle et funeste escalade dans la musculature des arsenaux nucléaires: pour un monde libéré des frayeurs de la bombe A, ça semble dans l'immédiat tout à fait râpé.

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