Le dispositif de fusion nucléaire HL-2M, à Chengdu en Chine, le 4 décembre 2020. | STR/AFP
Le dispositif de fusion nucléaire HL-2M, à Chengdu en Chine, le 4 décembre 2020. | STR/AFP

L'engouement pour la fusion nucléaire va-t-il enfin payer?

Les capitaux affluent, mais la promesse pourrait être un peu trop belle.

La fusion nucléaire est l'un des plus fameux serpents de mer de la recherche en énergie. Contrairement à la fission, qui sépare un noyau atomique en deux, la fusion en assemble deux pour ne former plus qu'un.

Ce processus crée une quantité phénoménale d'énergie et produit beaucoup moins de déchets radioactifs que la fission, tout en étant moins dangereux. S'il parvenait à être maîtrisé, il pourrait révolutionner la production mondiale d'énergie propre.

Imaginé en Union soviétique, le procédé a pendant des décennies été développé par des organismes de recherche publics nationaux et internationaux. Le réacteur thermonucléaire expérimental international (ITER), installé dans le sud de la France, est le principal, mais il existe aussi le HT-7U en Chine ou la National Ignition Facility aux États-Unis.

Seulement, si ces projets institutionnels ont permis d'effectuer de grands progrès, ils se concentrent sur la partie scientifique du développement de la fission et non sur son aspect commercial.

Alors que le secteur de l'énergie propre a le vent en poupe, de nombreuses start-ups souhaitent s'appuyer sur les progrès effectués par ces structures publiques afin de commercialiser de l'énergie issue de la fusion. D'après le directeur de la Fusion Industrie Association, alors qu'elles n'étaient que huit en 2011, il existe désormais trente-cinq entreprises privées dans le secteur, et ce nombre continue d'augmenter.

Plus on est de fous...

Ces start-ups, si elles sont très loin des 20 milliards d'investissements dans l'ITER, attirent l'attention d'investisseurs majeurs: Peter Thiel, Jeff Bezos, Bill Gates ont tous placé des billes dans divers projets, Commonwealth Fusion Systems ayant même annoncé début décembre avoir levé la somme record de 1,8 milliard de dollars.

La multiplication des participants comme des investissements a permis d'effectuer des avancées à un rythme jamais vu auparavant. Helion, General Fusion, First Light Fusion, Tokamak Energy, Commonwealth Fusion Systems et bien d'autres: certaines de ces entités promettent d'achever une fusion nucléaire efficace dès les toutes prochaines années, pour une utilisation commerciale quelque temps après.

Seulement, personne n'a pour l'instant réussi à réellement produire plus d'énergie grâce à la fusion que le procédé n'en consomme. Or, c'est évidemment la condition minimale pour pouvoir l'envisager comme une source d'énergie viable.

Les grandes déclarations optimistes doivent donc être prises avec des pincettes, rappelle le Financial Times. En effet, le secteur a plusieurs fois été secoué par des annonces de progrès révolutionnaires qui se sont ensuite révélés bidons.

De plus, si les entreprises privées ont leurs avantages, elles sont soumises à l'obligation de trouver des financements, et donc de présenter des débouchés commerciaux tangibles. Promettre monts et merveilles à court terme est donc dans leur intérêt, et ce ne seraient pas les premières start-ups à gonfler leurs mérites pour attirer des capitaux frais.

Cela ne signifie bien sûr pas que des progrès ne sont pas effectués. Mais les investisseurs feraient bien d'y regarder à deux fois avant d'investir leurs millions.

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