La puissance d'un soleil, mais dans votre garage. | Zap Energy via Businesswire
La puissance d'un soleil, mais dans votre garage. | Zap Energy via Businesswire

Zap Energy, la start-up qui veut mettre la fusion nucléaire dans votre garage

Elle dit pouvoir créer des mini-réacteurs grâce à une technique longtemps jugée instable.

Si nous sommes encore loin de la maîtriser, la technologie de fusion nucléaire porte en elle de nombreux espoirs quant au futur de l'énergie. En envoyant deux isotopes d'hydrogène dans un réacteur circulaire appelé «tokamak» soumis à un magnétisme extrême, ceux-ci fusionnent et produisent un plasma extrêmement chaud, donc de l'énergie, le tout de manière plus propre et sécurisée que la fission que nous connaissons aujourd'hui.

Si les très grands projets financés par les États –tels que le Réacteur thermonucléaire expérimental international (ITER) situé dans le sud de la France– sont les plus importants espoirs de la fusion, les promesses de cette technologie amènent de plus petits projets expérimentaux à voir le jour. C'est le cas de Zap Energy, une start-up basée à Seattle.

Plutôt que de recourir aux coûteuses bobines magnétiques en cuivre utilisées dans les tokamaks, Zap Energy souhaite s'appuyer sur le champ magnétique créé par le plasma lui-même. Cette technique, appelée «striction axiale» ou «Z-pinch», est étudiée depuis les années 1950, mais reste beaucoup moins populaire que celle des réacteurs circulaires à cause de son instabilité intrinsèque. Lors des tentatives de création de réacteurs Z-Pinch, le plasma se tord et finit par s'effondrer sur lui-même.

Seulement, en 2019, une équipe de scientifiques de l'Université de Washington est parvenue, en utilisant la mécanique des fluides, à lisser continuellement le plasma, donc à éviter qu'il ne se déforme et à le rendre potentiellement utile pour une production continue d'énergie.

Petit réacteur, grands projets

L'un des auteurs de cette étude, Uri Shumlak, est le fondateur de Zap Energy. Il clame aujourd'hui que les simulations de son réacteur expérimental, le FuZE-Q, fonctionnent parfaitement.

L'objectif à terme est de parvenir à produire en masse des FuZE-Q suffisamment petits pour tenir dans un garage, et d'autres suffisamment grands pour pouvoir alimenter une ville.

Malgré une levée de 151 millions d'euros, la start-up a encore beaucoup de chemin à parcourir avant d'en arriver là. Tout d'abord, il va falloir que les tests réels soient aussi efficaces que les simulations. Ensuite, le FuZE-Q résiste théoriquement à une alimentation de 500 kiloampères (kA), et est conçu pour en supporter 650.

Or, cette puissance est tout juste nécessaire à obtenir le seuil de rentabilité du réacteur à partir duquel il produirait plus d'électricité qu'il n'en consomme. Autant dire que l'alimentation de villes entières n'est pas pour tout de suite. Si cela arrivait, c'est le monde dans son ensemble qui pourrait s'en trouver chamboulé.

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