Le septième ciel du renouvelable? | Kazuo ota via Unsplash
Le septième ciel du renouvelable? | Kazuo ota via Unsplash

Et si la gravité transformait les gratte-ciels en batteries géantes?

Eurêka!

Les énergies renouvelables sont primordiales pour la décarbonation du monde. Elles souffrent néanmoins d'un problème, bien connu: leur nature intermittente, en l'absence de solutions de stockage suffisantes, peut rendre la gestion du réseau électrique quelque peu complexe.

Nombre d'entreprises et scientifiques cherchent donc des solutions plus ou moins originales à ce problème. Outre les batteries géantes classiques comme les Megapacks de Tesla, qui se multiplient un peu partout dans le monde mais ne sont pas sans poser quelques problèmes de sécurité, quelques-unes de ces (nombreuses) solutions potentielles ont été explorées ici même.

Un dôme de CO2 capable de fournir de l'énergie à la demande, une batterie liquide pour l'énergie solaire, des batteries à hydrogène solide, au vanadium... Les idées ne manquent pas. L'une des plus intéressantes concerne une force universelle, et encore peu exploitée: la gravité.

Des ingénieurs britanniques souhaitent ainsi transformer les collines de la campagne anglaise en batteries en réinventant le vieux concept de barrage hydroélectrique, tandis qu'une grue et des blocs de pierre géants pourraient, grâce à l'attraction terrestre, remplir le même rôle de stockage.

Il n'est pas impossible que cette dernière solution, née en Suisse et nommée «Energy Vault», ait inspiré les chercheurs et chercheuses de l'International Institute of Applied Systems Analysis (IIASA), à Vienne en Autriche.

Il leur a suffi de lever les yeux au ciel pour trouver, un peu partout dans le monde, un nombre incalculable de bâtiments dont la hauteur pouvait permettre de jouer avec la gravité pour stocker de l'énergie: après tout, les gratte-ciels existent déjà, et leur altitude peut sans doute être exploitée après quelques adaptations.

À LEST d'Éden

Ainsi est né le très malin Lift Energy Storage System (LEST). Comme l'explique New Atlas, les scientifiques de l'IIASA souhaitent très simplement «rétrofitter» les ascenseurs déjà existants dans les gratte-ciels.

Lorsqu'il y a un surplus d'électricité, celle-ci ne serait pas perdue mais utilisée pour soulever des poids, éventuellement placés de manière robotique dans les ascenseurs n'étant pas déjà en fonctionnement. À l'inverse, de l'électricité pourrait être générée en descendant ces poids avec les mêmes ascenseurs lorsque le besoin se fait sentir, dans le bâtiment ou dans la grille.

Le système LEST, qui porte bien son nom, n'est pas prévu pour fournir ou stocker de grandes quantités d'énergies renouvelables, comme peuvent l'être des projets de plus grande ampleur. Il dispose néanmoins de nombreux avantages: les structures existent déjà et pourraient, selon les équipes de l'IIASA, être adaptées facilement et pour un coût modéré.

Surtout, ces batteries-gratte-ciels seraient placées au cœur même de nos villes, où elle pourraient idéalement subvenir à de petit surcroîts de besoins en électricité.

Il reste bien sûr mille équations à résoudre pour que le LEST puisse être considéré comme une solution à la fois sûre, pratique et économiquement viable. Selon les calculs de l'IIASA, le coût de stockage d'énergie du système varierait entre 21 et 128 dollars par kWh, soit beaucoup moins cher que le prix d'un stockage par batterie classique.

Toujours selon les mêmes équipes, l'ensemble des plus hauts bâtiments du monde pourraient, de concert, être transformés en unités de stockage capables d'injecter entre 30 et 300 gWh dans la grille électrique. À ce prix, ce pourrait être une contribution plus qu'intéressante à la transformation de nos réseaux électriques.

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