Début décembre, Emmanuel Macron avait déclaré que «la filière nucléaire est essentielle au développement de l’ambition en matière d’hydrogène». | Johannes Plenio via Unsplash
Début décembre, Emmanuel Macron avait déclaré que «la filière nucléaire est essentielle au développement de l’ambition en matière d’hydrogène». | Johannes Plenio via Unsplash

Dans l'ombre du tout hydrogène, le retour en grâce du nucléaire

Peut-on produire ce gaz «vert» sans l'énergie atomique?

L'hydrogène comme vecteur énergétique a la cote. Cet engouement croissant, tant européen que français, a une conséquence directe: celle de remettre sur le devant de la scène le nucléaire, au grand dam des défenseurs de l'environnement, qui préféreraient pouvoir s'en passer complètement.

Aujourd'hui, l'hydrogène reste issu à 95% des énergies fossiles, principalement par reformage de méthane ou de gaz naturel. Ces procédés, pas vraiment écolos –ils émettent beaucoup de gaz à effet de serre– ne sont pourtant pas une fatalité.

Un hydrogène «propre» peut être en effet produit par électrolyse, si tant est que la source d'électricité soit faiblement carbonée. C'est ici que se glisse l'industrie du nucléaire.

L'utilisation de l'électricité atomique pour produire de l'hydrogène présente, à première vue, deux atouts: d'un côté, le nucléaire a l'avantage de fournir un flux d'électricité permanent, contrairement aux éoliennes par exemple; de l'autre, il n'émet pas de gaz à effet de serre.

Vraiment écolo?

Ces arguments ont trouvé écho auprès du gouvernement français qui, en septembre dernier, a détaillé son «grand plan hydrogène» à 7 milliards d'euros, destiné à faire de l'Hexagone un leader mondial de la filière à l'horizon 2030.

Début décembre, Emmanuel Macron avait notamment déclaré que «la filière nucléaire est essentielle au développement de l'ambition en matière d'hydrogène». Pour le média Reporterre, pas de doute: la stratégie française de l'hydrogène reposera désormais sur l'électricité nucléaire.

Un hydrogène produit à partir du nucléaire est-il vraiment écologique? D'un point de vue sémantique, cela pourrait avoir tout l'air d'un contresens.

Dans une interview donnée à La Croix, Célia Gautier, responsable climat et énergie à la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l'homme (FNH), explique qu'utiliser un hydrogène produit avec l'énergie atomique serait aux antipodes des principes de transition écologique.

«La production de cette énergie ne doit pas s'appuyer sur un système de production électrique centralisé comme l'est le nucléaire.» Selon elle, le gouvernement aurait tout intérêt à installer des électrolyseurs sur tout le territoire, à proximité à la fois des sources d'énergies renouvelables et des industries consommatrices de l'hydrogène produit.

Par ailleurs, une autre question écologique se pose: celle des déchets radioactifs, dont on ne sait vraiment quoi faire, hormis les enterrer en profondeur.

Enfin, si la stratégie française de l'hydrogène passe par le nucléaire, un autre sujet très épineux devra également être abordé: celui du vieillissement du parc nucléaire de l'Hexagone.

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