L'infini cycle des marées, une source inépuisable d'électricité. | Orbital Marine Power
L'infini cycle des marées, une source inépuisable d'électricité. | Orbital Marine Power

O2, la mini-centrale marémotrice la plus puissante au monde

En théorie, elle permet de produire une énergie abondante et prévisible. En pratique, c'est un peu plus compliqué.

Si la grande majorité des projets d'énergie renouvelable se concentrent sur l'éolien et le solaire, il existe d'autres sources largement sous-exploitées.

Prenez les marées, par exemple: à elles seules, elles pourraient fournir 1.800 TW/h par an, de quoi couvrir quatre fois la consommation électrique annuelle française. Mais pour le moment, les marées et l'éolien offshore représentent collectivement à peine 0,75% des besoins énergétiques mondiaux, selon une étude parue en 2020.

Car les technologies actuelles sont soit ridiculement peu efficaces, soit posent des problèmes environnementaux comme la centrale marémotrice de La Rance en Bretagne, qui entraîne un envasement de l'estuaire.

Une myriade de start-ups tentent pourtant de relever le défi, avec des technologies variées allant de «serpents de mer» flottants aux systèmes à déferlement en passant par les colonnes d'eau oscillantes qui compriment et décompriment l'air au gré des marées.

Ça nous fait marée

La dernière en date s'appelle Orbital Marine Power. Elle vient d'annoncer «la turbine marémotrice la plus puissante au monde», d'une capacité de 2 MW.

O2, sa centrale flottante, ressemble vaguement à un avion à réacteurs posé sur l'eau. Elle comporte deux rotors géants de 20 mètres de diamètre reliés à la plateforme par des bras articulés de 18 mètres, capables de brasser 600 mètres carrés de surface d'eau.

Les turbines peuvent s'inverser entre les cycles de marée pour maximiser la production d'énergie quelle que soit la direction du courant et l'électricité générée est ensuite envoyée à terre via des câbles sous-marins.

«O2 a une capacité de production correspondant à la consommation d'environ 2.000 foyers britanniques et qui compense environ 2.200 tonnes d'émissions de CO2 par an», se félicite la start-up.

Mieux: contrairement à l'éolien ou au solaire, la production est largement prévisible, les marées étant un phénomène récurrent. Fabriqué à terre, l'O2 se lance dans l'eau comme un navire et flotte jusqu'à son emplacement pour être amarré, mis en service et connecté au réseau.

Les annonces triomphantes de la start-up méritent toutefois d'être relativisées. Deux MW, c'est à peine plus qu'une petite éolienne de 100 mètres de haut. Rien à voir avec les 240 MW de l'usine de La Rance, qui produit chaque année l'équivalent de la consommation d'une ville comme Rennes.

De plus, on ignore la durée de vie d'un tel équipement. Il risque d'être rapidement usé par les conditions extrêmes qu'il doit endurer dans l'océan.

Mais la jeune pousse ne se cache pas d'avoir développé une technologie low cost, bien plus légère à mettre en œuvre que les énormes installations fixes à plusieurs centaines de milliers de dollars. Avec l'espoir que les petits ruisseaux fassent de grandes rivières.

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