Les lave-linges sont une source importante de pollution plastique. | Anastasia Dulgier via Unsplash
Les lave-linges sont une source importante de pollution plastique. | Anastasia Dulgier via Unsplash

Votre machine à laver peut aider à sauver les océans

Et ce, grâce à un filtre conçu pour lutter contre la pollution plastique.

Vous l'ignorez peut-être, mais nos lave-linges sont une source importante de pollution plastique. Lors du cycle, de minuscules morceaux de plastique se détachent des tissus synthétiques, sont évacués via les réseaux d'assainissements, se retrouvent dans les cours d'eau et finissent leur voyage dans les océans.

Mojca Zupan, qui exerçait alors comme avocate d'affaires, a pris conscience du problème en 2016 grâce à l'exposition Plastic Garbage Project. Un an plus tard, elle a lancé l'entreprise PlanetCare et son premier produit, un filtre qui se connecte aux machines à laver pour capturer les microfibres de plastique.

«Le filtre lui-même est un tamis tridimensionnel à mailles, conçu pour attraper des fibres jusqu'à 0,1 millimètre, soit 90% des microparticules qui reflueraient généralement dans l'alimentation en eau», détaille Bloomberg.

Un pack de sept filtres coûte 112 dollars [95 euros]. On peut aussi opter pour une adhésion à 12 dollars [10 euros] par mois. PlanetCare est installée à Ljubljana en Slovénie, le pays d'origine de Mojca Zupan. Elle vend principalement en Europe, mais aussi aux États-Unis.

Toutefois, les filtres de PlanetCare ne suffiront probablement pas à résoudre le problème des microfibres plastiques, à la fois énorme et complexe.

Greenwashing?

Premièrement, on peine à le quantifier: comme le relate Bloomberg, les estimations sur le nombre de nanofibres rejetées par les machines à laver vont de 2.000 par vêtement et par lavage à 700.000 par lavage. Quant à la quantité de microplastiques présents dans l'océan, elle se situerait entre douze et vingt-et-un millions de tonnes, rien qu'à la surface de l'océan Atlantique.

Les fabricants de machines à laver ne semblent pas séduits par le projet de PlanetCare. Par ailleurs, certain·es expert·es alertent sur le fait que ses filtres pourraient perturber les capteurs des machines à laver les plus récentes, les poussant à consommer plus d'eau, ce qui engendrerait un mal pour un bien.

En outre, l'entreprise doit relever un autre défi: que faire des microfibres qui lui sont renvoyées avec le filtre (en plastique) au bout de vingt lavages? Deux pistes sont envisagées: les recycler en revêtements pour sièges de voitures ou... en panneaux pour machines à laver, histoire de boucler la boucle.

Néanmoins, le marché européen semble tendre les bras à PlanetCare: dès 2025, les machines à laver françaises devront être équipées de filtres à microfibres. Par ailleurs l'entreprise a obtenu 1,6 million d'euros de financements de la Commission européenne et levé 700.000 euros auprès d'investisseurs. Alors, PlanetCare lave plus vert?

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