Il semble que le contre l'emporte sur le pour. | Roslan Rahman / AFP
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Oups, l'usine géante à avaler le CO2 de Shell ne capture pas grand chose

Pas simple, l'écologie des géants pétroliers.

«L'usine Quest de capture et de stockage de carbone, près d'Edmonton dans l'Alberta, montre que la capture à grande échelle de CO2 est une mesure sûre et efficace pour réduire les émissions de sources industrielles.» Voilà pour la promesse, glorieusement déroulée sur le site officiel du géant pétrolier.

Et les réalités? Elles sont beaucoup moins roses, et d'une certaine manière sens dessus dessous: selon un rapport récemment publié par l'ONG Global Witness, cette fameuse usine qui fait la fierté de la communication verte de la firme anglo-néerlandaise émet plus de gaz à effet de serre qu'elle n'en capture.

Installée près d'une exploitation de sables bitumineux du nord du Canada, une horreur écologique et une épine dans le pied de Justin Trudeau, Quest a été conçue pour capter le CO2 émis par une usine de production d'hydrogène (située à Scotford, non loin d'Edmonton), lui-même destiné à l'exploitation du pétrole.

Mais d'après Global Witness, cette fierté présentée comme une première mondiale, un exemple à suivre et sur laquelle Shell comptait pour «greenwasher» quelque peu son exploitation contestée des sables bitumineux de l'Alberta, a été beaucoup moins efficace que prévu. Si peu efficace, en réalité, qu'elle aggrave le problème environnemental global.

Tous comptes faits

L'ONG a calculé qu'entre 2015 et 2019, Quest a collecté 5 millions de tonnes de dioxyde de carbone, issu de la production d'hydrogène de l'usine de Scotford. Pas mal? Pas mal.

Sauf que dans le même temps, toujours selon Global Witness, cette même usine de production d'hydrogène a émis 7,5 millions de tonnes de gaz à effet de serre, notamment du méthane, aux conséquences environnementales bien plus néfastes encore que celles du CO2.

Shell promettait un taux de 90% de capture, donc une usine presque «propre» produisant ce qu'on appelle de l'«hydrogène bleu». Certes logiquement contestés par Shell, les calculs de l'ONG donnent un résultat de 48% –et même de 39% si tous les gaz émis par l'installation sont comptés– et expliquent que ces 7,5 millions de tonnes représentent l'équivalent de 1,2 million de voitures thermiques.

Bref: on est loin du compte, très loin du compte. C'est particulièrement épineux pour un type d'installation que les géants des énergies fossiles tentent d'imposer partout comme une panacée pour produire leur «hydrogène bleu». Leurs opposants, quant à eux, critiquent cette manière de prolonger notre dépendance infinie à ces mêmes énergies polluantes.

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