Une installation de la start-up CarbFix, qui «transforme le CO2 en pierre». | CarbFix
Une installation de la start-up CarbFix, qui «transforme le CO2 en pierre». | CarbFix

Les machines à capturer le CO2 sauveront l'humanité (ou pas)

La technologie existe. Le monde doit-il investir massivement?

Vendredi 22 janvier, Elon Musk, le milliardaire derrière Tesla et SpaceX, assurait sur Twitter qu'il était prêt à offrir une récompense de 100 millions de dollars à quiconque lui présenterait la «meilleure technologie de capture de carbone».

Le thème de la capture du dioxyde de carbone dans l'atmosphère prend, ces derniers mois, de l'importance. Car selon certains spécialistes, si réduire nos émissions de gaz à effet de serre est absolument indispensable afin d'enrayer le dérèglement climatique, ce n'est pas suffisant.

L'une des solutions serait d'utiliser des technologies dites de CCS («carbon capture and storage», soit capture et stockage du carbone), afin de récupérer le CO2 émis et de l'éliminer de l'atmosphère. Le gaz capté est ensuite soit enfoui de manière sécurisée (il est «séquestré»), soit utilisé pour divers usages dans l'industrie.

Cette technologie existe déjà. L'entreprise Carbon Engineering par exemple, construit des usines dotées de turbines qui aspirent l'air puis le font passer sur une matière plastique spéciale qui emprisonne le CO2. Mais si ces méthodes sont prometteuses, elles sont aussi extrêmement coûteuses.

Effort de guerre

Selon un article scientifique publié par Nature Communications, si la planète investissait 1,2 à 1,9% de son PIB chaque année dans ces technologies, elle pourrait se débarrasser de 2,3 gigatonnes de CO2 par an d'ici 2050.

D'après Wired, cela représente 400 fois plus que le CO2 capturé aujourd'hui, mais reste loin des plus de 40 gigatonnes produites chaque année par l'humanité. Seule, cette technologie n'arrêtera donc pas le réchauffement climatique.

D'autant que ce calcul est réalisé en partant du principe que les investissements nécessaires seraient effectués avec la même détermination que lors d'un effort de guerre. Cela est théoriquement possible, comme la production très rapide des vaccins contre le Covid-19 l'a démontré, mais un tel volontarisme nécessite une prise de conscience politique globale.

En effet, si ce CO2 recapturé peut avoir quelques applications industrielles, son issue la plus réaliste est le stockage. Cela signifie que l'opération n'a pas ou peu de débouchés commerciaux, donc que les États –et non les entreprises, à moins qu'elles n'y soient forcées– devraient financer la mise en place et le fonctionnement de ces techniques.

Ce n'est pas fondamentalement une mauvaise chose, mais cela signifie que la capture du carbone se heurte non seulement à des contraintes techniques et économiques, mais aussi politiques. Il y a quelques jours à peine, les États-Unis étaient gouvernés par un président climatosceptique: les blocages restent importants.

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