La solitude peut devenir une ennemie sournoise pour les voyageurs et voyageuses interplanétaires. | Nicolas Lobos via Unsplash
La solitude peut devenir une ennemie sournoise pour les voyageurs et voyageuses interplanétaires. | Nicolas Lobos via Unsplash

Dans l'espace, seules les IA entendront les astronautes déprimer

Le succès des longs voyages interplanétaires repose aussi sur le bien-être psychologique: les cosmonautes auront besoin d'amis et confidents robotiques.

Les astronautes font partie des êtres humains les mieux entraînés pour survivre dans des situations extrêmes. Ces professionnel·les peuvent rester concentré·es de longues heures, garder leur calme dans des situations particulièrement dangereuses et se préparent physiquement durant des mois avant de partir en mission spatiale.

Mais la solitude est une question centrale lors de très longs voyages spatiaux: vivre isolé·e, dans un espace exigu et sur une période étendue peut poser des problèmes de santé mentale aux plus chevronné·es des astronautes.

Dans la perspective de missions vers Mars et au-delà, la Nasa a lancé un projet de développement d'un système d'intelligence artificielle capable de reconnaître et analyser les émotions des astronautes.

Le Jet Propulsion Laboratory (JPL) de l'agence spatiale américaine s'est allié à une start-up de la tech australienne, Akin, pour créer ce «support robotique émotionnel» qui pourrait faire office de meilleur ami spatial, raconte la MIT Technology Review.

Soutien moral

Contrairement aux autres assistants numériques déjà développés et utilisés par l'agence spatiale, celui-ci n'aurait pas uniquement pour capacité de réaliser des tâches d'ordre domotique, organisationnel ou d'être utilisé pour des rappels (à la manière de Siri ou Alexa).

Il s'agit d'un support empathique calibré sur l'état de l'astronaute. «Imaginez un robot capable de se dire: “Mary passe une mauvaise journée aujourd'hui” […] L'IA pourrait alors recommander à Mary de prendre un peu de repos, et décider qu'il faut un peu plus l'encourager pour calmer un peu son stress», explique Liesl Yearsley, PDG d'Akin, au MIT.

Akin et le JPL, en s'appuyant sur l'Open Source Rover –qui rend publiquement disponible le design du robot Curiosity– ont construit un premier prototype nommé Henry The Helper, qui promène actuellement sa carcasse dans les espaces du Jet Propulsion Laboratory. Ce prototype utilise le deep learning pour reconnaître les modèles, tendances, schémas de langage et les expressions faciales humaines, afin de mieux pouvoir y réagir.

Deux autres engins devraient être conçus par Akin avant la fin de l'année: Eva the Explorer et Anna the Assistant. Elles auront toutes deux des spécificités. Anna, par exemple, tiendra le rôle d'une assistante robotique au sein du JPL, puisqu'elle sera capable de prendre des notes, tenir des objets et répondre à des questions scientifiques. Tout ceci, évidemment, est imaginé dans le but d'expérimenter et de parvenir au robot parfait, déjà nommé Fiona the Future par le patron d'Akin.

Le plus gros obstacle de l'entreprise reste le caractère empathique de son intelligence artificielle. Si ses logiciels arrivent à percevoir les changements physiques (sourcils froncés, pleurs, etc.) de nos émotions, ils sont encore parfaitement incapables de reconnaître leur sens psychologique.

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