Lancement d'une fusée Longue Marche 5 en juillet 2020, depuis la base de Wenchang, sur l'île de Hainan. | Noel Celis / AFP
Lancement d'une fusée Longue Marche 5 en juillet 2020, depuis la base de Wenchang, sur l'île de Hainan. | Noel Celis / AFP

La Chine lance un mystérieux «vaisseau spatial réutilisable» en orbite

Cet engin très secret pourrait être l'équivalent du X-37B américain.

Le petit monde, sur le plancher des vaches, qui observe de près les progrès rapides de la technologie spatiale chinoise est en émoi. Il semble que l'empire du Milieu a procédé à la mise en orbite d'un engin spatial réutilisable et expérimental, qui pourrait être une réponse du pays au X-37B américain.

Space News rapporte que le lancement a été effectué vendredi 4 septembre par une fusée Longue Marche 2F. Les seuls détails officiels de l'événement proviennent du média d'État en ligne Xinhua qui, dans un communiqué, explique que «l'engin spatial reviendra vers son site d'atterrissage terrestre après un temps passé en orbite, durant lequel les vérifications techniques liées à la réutilisation seront effectuées comme prévu, permettant à la technologie de progresser en vue d'une utilisation pacifique de l'espace».

À pas de géant

Pour les spécialistes, ce lancement mené dans le plus grand des secrets n'est pas tout à fait une surprise. Interrogé par The Verge, le reporter indépendant Andrew Jones note que la Chine planche sur le sujet depuis quelques années.

Il ajoute qu'en 2017, un média officiel affirmait déjà que l'une des entreprises spatiales du pays, la Société de sciences et technologies aérospatiales de Chine (CASC), travaillait sur un «astronef expérimental réutilisable, capable d'atterrir à l'horizontal» –en clair, une navette spatiale de nouvelle génération.

Jones signale en outre que de récentes modifications apportées au pas de tir du centre de Jiuquan, en vue du lancement d'un objet plus large qu'à l'accoutumée, pouvaient indiquer qu'un événement d'importance était en préparation. «La Chine s'intéresse de près à ces technologies, ajoute Jones. Ils ont annoncé qu'ils allaient le faire, et il semble qu'ils sont à peu près dans les temps.»

Un tel engin peut permettre aux nations qui l'opèrent de multiplier les recherches orbitales spécifiques, sans avoir à passer par le séjour d'un·e astronaute dans la très sélective Station spatiale internationale. Il pourrait aussi être utilisé à des fins militaires ou de renseignement.

À terme, exposait en 2018 Zhang Hongwen de la CASC à la chaîne publique CCTV, un astronef du genre serait capable non pas d'être lancé par une fusée réutilisable comme celles de SpaceX, mais de décoller d'un aéroport traditionnel, avant de placer son cargo en orbite puis de revenir sur Terre. Cela constituerait, soulignait-il, une «révolution pour le futur du transport spatial».

Les États-Unis notamment sont donc sur le qui-vive depuis le 4 septembre. L'avance que semblait avoir prise le pays avec le X-37B de Boeing, qui a effectué son sixième vol en mai 2020, n'est peut-être déjà plus d'actualité. L'US Air Force surveille de près l'objet mis en orbite et sera sans doute attentive à ses évolutions, comme à son retour sur Terre.

Mise à jour: The Verge rapporte que l'engin s'est posé le 6 septembre, s'attirant les louanges de Xinhua qui parle d'une «avancée majeure» dans la manière dont on lancera et récupérera les cargaisons spatiales.

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