Miner la Lune, ça ne leur fait pas peur. | Mark Tegethoff via Unsplash
Miner la Lune, ça ne leur fait pas peur. | Mark Tegethoff via Unsplash

Chine et États-Unis: vers un conflit lunaire autour de la fusion nucléaire et de l'helium-3?

La première a annoncé la découverte d'un nouveau minéral qui pourrait tout changer.

Le timing n'a sans doute pas grand chose du hasard. Alors que la NASA peine à lancer sa fusée géante Artemis 1, première étape de la reconquête américaine de la Lune, sa nouvelle grande rivale spatiale, la Chine, n'a de cesse de multiplier les annonces fracassantes.

Début septembre, un peu narquois sans doute, l'empire du Milieu annonçait effectivement le «succès complet» de tests au sol de moteurs destinés à l'étage supérieur de sa future fusée Long March 9.

En développement depuis quelques années déjà, avec à l'étude une version totalement réutilisable semblable au Starship de SpaceX, celle-ci pourrait permettre à des taïkonautes de se poser sur la Lune puis, pourquoi pas, sur Mars. Pour faire meilleure figure encore et mieux moquer la NASA, il a été précisé que lesdits moteurs étaient deux fois plus puissants que leur équivalent américain.

Il y a quelques jours, rebelote: la Chine annonçait avoir découvert un nouveau minéral sur notre satellite, rapporté par sa sonde Chang'e-5, revenue sur Terre fin 2020 avec quelques poignées de poussière lunaire dans ses soutes. Après la Russie et les États-Unis, la Chine devient ainsi la troisième nation à rapporter une telle découverte, la sixième de l'histoire au total.

Cette trouvaille pourrait avoir des implications majeures, sur la Lune comme sur Terre, pour les astronautes comme pour le commun des mortels. Baptisé Changesite-(Y), le minéral contiendrait selon la Chine de l'helium-3, un carburant rare et potentiellement très précieux pour la fusion nucléaire, présentée comme le futur idéal de la production énergétique.

Pour toute l'humanité

L'helium-3 est ainsi l'une des raisons pour lesquelles le pays vise avec tant de hâte l'exploitation du sol lunaire et de son fameux régolithe. Comme l'explique New Atlas, une éventuelle exploitation minière de ces ressources inédites présente des défis colossaux et se ferait à des coûts gargantuesques, malgré un coût de plus de 15.000 dollars (environ 14.800 euros) le gramme pour l'helium-3.

Néanmoins, la première nation à réussir ce pari pourrait, sur Terre comme ailleurs, prendre une avancée considérable dans le domaine de l'énergie comme dans celui de la conquête spatiale. Ce qui explique sans doute pourquoi la Chine, déjà très avancée sur sa station spatiale surnommée «palais céleste», compte accélérer son programme lunaire.

Pékin prévoit ainsi trois nouvelles missions non habitées dans la prochaine décennie pour accélérer sa conquête lunaire. Ce qui n'est pas sans faire peser le risque d'une opposition frontale avec les États-Unis, qui visent les mêmes ressources, notamment aquatiques.

Ainsi que le relatait récemment Space News, les deux pays visent donc assez logiquement la même zone pour l'atterrissage de leurs missions respectives, près du pôle Sud de notre satellite. Les dystopies de la formidable série For All Mankind, l'une des plus passionnantes des dernières années, prendraient alors une drôle de teinte réaliste.

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