«Donc ça, c'est la bielle, qui a coulé.» | Wu ruxiong / Imaginechina via AFP
«Donc ça, c'est la bielle, qui a coulé.» | Wu ruxiong / Imaginechina via AFP

Attention, le ciel va bientôt littéralement nous tomber sur la tête

Et personne n'est à l'abri.

En perdition depuis les cieux, un très gros morceau de bidule défrayait la chronique cet été: un bout de 25 tonnes d'une fusée chinoise Long March 5B menaçait de s'écraser sur Terre après une chute incontrôlée.

Fort heureusement pour les humains qui auraient pu se trouver au point d'impact, la chose a fini par se désintégrer au-dessus de l'océan Indien mais elle n'a pas été sans effet, forçant certains pays à fermer temporairement leurs espaces aériens, car sait-on jamais.

Ce n'était pas une première, en particulier en ce qui concerne les lanceurs chinois, qui ont la plutôt désagréable tendance à revenir un peu n'importe comment et un peu n'importe où vers leur point de départ, la Terre.

En 2020, la rentrée incontrôlée de la Long March 5B dans l'atmosphère aurait pu virer au désastre, la ville de New York faisant partie des cibles urbaines potentielles de cette bombe involontaire. L'année suivante, une alerte semblable était sonnée, là encore pour un morceau de lanceur lourd Long March 5B descendant de manière un peu trop aléatoire vers le plancher des vaches.

Le ciel a donc déjà commencé à nous tomber sur la tête. Et si les fusées chinoises sont régulièrement pointées du doigt, notamment dans l'empire du Milieu lui-même du fait de lancements effectués au-dessus des terres, elles ne sont pas les seules à poser problème, loin de là.

Le fermier australien qui a eu la surprise de retrouver un gros bout de truc estampillé SpaceX peut en témoigner, tout comme les habitants de Salinopolis, au Brésil, qui ont repêché un morceau de fusée ayant décollé depuis la Guyane française.

Par Toutatis et Ariane VI!

Malheureusement, ces incidents ne sont que le début d'une tendance potentiellement plus grave, ainsi que l'explique ZDNet. Car les fusées ne sont plus les seules à retomber sur Terre: le problème est connu, l'orbite basse de notre planète est désormais un fatras chaotique de satellites, objets et débris spatiaux.

«Bien que l'espace soit infini, nous plaçons nos satellites dans des régions très spécifiques. Et il s'y forme des embouteillages», explique au média l'astrodynamicien Moriba Jah. Les chiffres donnent effectivement le tournis: selon les chiffres cités par ZDNet, il y avait 1.700 satellites en orbite basse en 2016, contre 5.400 en 2022, et possiblement 57.000 en 2030: ce n'est plus un embouteillage, c'est le tunnel de Fourvière un 3 août à 15 heures.

La baisse du coût des lancements grâce à l'arrivée sur le marché spatial d'acteurs comme SpaceX, qui elle-même balance régulièrement les satellites de sa constellation Starlink comme on jette du riz sur des nouveaux mariés, fait de cette orbite basse un lieu plus facilement atteignable par de plus petites entreprises.

Mais la présence de ces milliers d'objets tournant à des vitesses folles au-dessus de nos têtes pose de nombreux problèmes, ainsi que l'explique ZDNet. Des collisions sont possibles, et l'atmosphère protectrice peut ne pas toujours brûler tous les déchets lors de l'entrée de ces poubelles spatiales; les chutes d'objets risquent donc de se multiplier dans les prochaines années, et des désastres humains sont à prévoir.

En outre, toutes les firmes spatiales ne prévoient pas la fin de vie des appareils qu'elles placent en orbite –ni même ce qui peut advenir de leurs objets si elles font faillite, ce qui s'est déjà vu. Certaines entreprises affirmes d'ores et déjà penser de manière «responsable» à ces questions, telle OneWeb, la concurrente de Starlink, qui affirme avoir conçu ses satellites de façon à ce qu'ils puissent être «remorqués» au loin lorsqu'ils sont en fin de vie ou en cas de problème.

Parce que l'ordre et la sécurité ne sont pas toujours la priorité du marché pur, la puissance publique doit également intervenir pour imposer des règles et tenter d'éviter les catastrophes à venir.

La Commission fédérale des communications (FCC) américaine a récemment imposé une règle dite «des cinq ans»: les firmes plaçant un objet en orbite doivent être en capacité de déplacer la chose dans les cinq ans suivant la fin de sa vie ou de sa mission.

Mais comme l'expliquent les experts interrogés par ZDNet, il est déjà trop tard pour de nombreux objets. Certains tournent sans vie depuis vingt-cinq ans au-dessus de nos têtes, présentant des risques de collision –donc de retombées terrestres catastrophiques– avec d'autres bidules plus fraîchement envoyés. D'autres spécialistes notent en outre que les pénalités ne sont pas suffisamment dissuasives pour forcer les acteurs privés à faire le ménage dans leurs rangs orbitaux.

L'une des solutions peut être technique. Certaines start-ups, comme la firme Privateer, lancée par le cofondateur d'Apple Steve Wozniak, se sont mis en tête de cartographier ce chaos qui tourne au-dessus de nos têtes, pour rendre l'orbite terrestre basse plus cohérente et mieux exploitable. Impressionnant, son outil Wayfinder est d'ores et déjà en ligne, et permet de se rendre compte de l'étendue de la question.

La réparation des satellites, en particulier depuis l'espace où des pièces pourraient être fabriquées, est également une piste explorée par les autorités américaines et internationales, voire par quelques acteurs privés. Enfin, certains économistes appellent à la mise en place d'une taxe sur les satellites, qui offrirait une arme de plus pour tenter de régler l'épineux problème de ce space junk dont on ne sait que faire, et pour mieux valoriser le secteur.

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