Bientôt la fin. | MasterTux via Pixabay
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La Nasa prévient: Starlink pourrait empêcher la détection et l'évitement d'un astéroïde tueur

Un «Don't Look Up» version Elon Musk.

La NASA, pas la moins experte des spécialistes, est inquiète: selon une lettre de cinq pages envoyée à la Federal Communications Commission (FCC) américaine, les prochains satellites lancés par Elon Musk et SpaceX pour Starlink, sa constellation orbitale fournisseuse d'internet, pourraient poser un sérieux –sinon fatal– problème à la Terre.

L'alerte est rendue publique quelques jours seulement après que des groupements internationaux d'astronomes se sont organisés en un Centre for the Protection of the Dark and Quiet Sky from Satellite Constellation Interference pour faire entendre leur voix, Starlink «photobombant» déjà une partie non négligeable de leurs clichés autrefois immaculés de l'espace, en plus de constituer une menace pour la radioastronomie.

Les arguments de la NASA sont de plusieurs ordres. Les premiers, déjà connus, concernent le nombre d'objets et de débris qui constitueront bientôt des orbites terrestres déjà en situation d'embouteillages critiques. Avec des lancements en accélération constante, la firme a déjà dépassé les 2.000 objets placés autour de la Terre mais est encore loin du compte, Elon Musk souhaitant en lancer plus de 30.000.

Et ces chiffres ne concernent que Starlink, un projet parmi d'autres. L'ex-patron de son concurrent OneWeb revenu d'entre les morts, Greg Wyler, a ainsi récemment annoncé souhaiter, avec E-Space, envoyer 300.000 satellites au-dessus de nos têtes, tout en précisant qu'ils seront chargés de «nettoyer l'espace» de ses débris, en sus de nous permettre de regarder Netflix.

En conjonction avec le Département de la défense américain, la NASA surveille aujourd'hui les trajectoires orbitales d'environ 25.000 objets. La «Gen2» des satellites de Starlink suffirait à doubler ce chiffre, sans compter les dizaines de milliers d'objets balancés par la concurrence.

Images de la destruction de quarante satellites de Starlink tout juste lancés, à la suite d'une tempête solaire, début février.

Frêles esquives

Si SpaceX assure que ses engins sont dotés d'une excellente capacité à éviter toute collision spatiale, la NASA n'y croit déjà plus et prévoit une multiplication exponentielle des collisions en orbite, donc une création toujours plus importante de déchets mettant en péril l'ensemble de l'écosystème orbital.

C'est notamment le cas de projets habités comme la Station spatiale internationale ou comme la station chinoise, qui a déjà dû s'employer par deux fois pour esquiver des satellites Starlink. C'est aussi le cas de nombre de projets scientifiques, tels le vénérable Hubble.

Selon la lettre envoyée par la NASA, 8% des clichés pris par le télescope sont ainsi déjà entachés par la présence de satellites lancés par SpaceX. Cela dégrade substantiellement ses recherches, le même phénomène pouvant également dégrader les observations faites par des satellites scrutant la Terre.

Autre problème: ce filet aux mailles de plus en plus serrées autour de la Terre réduit grandement les fenêtres de lancements de missions par la NASA ou les autres agences internationales, ce qui pourrait grandement compliquer les prochaines missions d'exploration lointaines, habitées ou non.

Mais c'est peut-être le dernier argument qui inquiète le plus, et marque d'autant plus les esprits quelques semaines après la sortie et le carton mondial du film Don't Look Up, dont l'histoire pas si abracadabrantesque est basée sur un tel scénario.

Selon la NASA, ces constellations satellitaires pourraient mettre la survie de la Terre en danger, en empêchant ou retardant la détection d'un astéroïde menaçant et d'éventuelles mesures d'urgence pour lui éviter une collision fatale avec la Terre.

Si les plans d'envahissement des orbites terrestres continuaient comme planifié, «la NASA estime qu'il y aurait un satellite de Starlink dans chacune des photos prises pour la défense planétaire contre des impacts d'astéroïdes», est-il prévenu dans la lettre. Qui ajoute, à l'attention de quiconque veut bien l'écouter, que la situation menacerait «la capacité de notre planète à détecter et possiblement éviter une catastrophe potentiellement catastrophique».

Bref: entre PornHub en très haut débit partout dans le monde ou l'extinction apocalyptique de toute vie sur Terre, il faudra peut-être choisir.

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