Un petit pull contre le froid absolu? | Norbert Kowalczyk via Unsplash
Un petit pull contre le froid absolu? | Norbert Kowalczyk via Unsplash

Pourquoi les fusées seront bientôt emballées dans du tissu

Le textile intelligent vient se nicher là où on ne l'imaginait pas.

En février 2022, le véhicule spatial Cygnus NG-17, du groupe Northrop Grumman Innovation Systems, viendra ravitailler la Station spatiale internationale avec deux tonnes de matériel.

Mais il embarquera aussi un objet inhabituel à son bord: un petit bout de tissu électronique doté de capteurs d'impacts et de vibrations, rapporte le site IEEE Spectrum.

Peu après son arrivée, ce tissu sera installé à l'extérieur de la station sur un petit module d'expérimentation. Durant six mois, les chercheurs récolteront les données en temps réel sur la poussière et les débris microscopiques passant à proximité de l'échantillon.

«Imaginez si le tissu protecteur recouvrant un engin spatial pouvait servir d'expérience d'astrophysique sans ajouter de masse, de volume ou de puissance?», se félicite Juliana Cherston chercheuse au MIT à l'origine de cette expérimentation.

«Et si cette peau intelligente pouvait également mesurer les dommages causés par les débris de l'espace orbital et les micrométéoroites trop petits pour être suivis par radar?»

De tels textiles sensibles aux vibrations pourraient également être intégrés aux combinaisons spatiales pour donner une sensation de toucher, imagine-t-elle.

Sur Terre, les textiles intelligents sont déjà largement utilisés: certains géotextiles en polymère sont enterrés dans le sol pour renforcer le remblai, des biomatériaux recouvrent les prothèses pour améliorer leur intégration dans le corps, des T-shirts captent votre rythme cardiaque et des membranes textiles sur les façades des bâtiments permettent de capter la pollution.

Vaisseau costumé

Sur les engins spatiaux comme l'ISS, la fonction première de la coque métallique recouvrant la paroi est toutefois de protéger l'engin de la surchauffe et des impacts.

Ce tissu «beta», qui donne sa couleur blanche aux habitats spatiaux, n'a pratiquement pas évolué depuis cinquante ans. Mais les chercheurs du MIT pensent qu'on pourrait lui ajouter des fonctions supplémentaires.

Pour ses capteurs de poussière cosmique, l'équipe du MIT a eu recours à des fibres piézoélectriques, qui génèrent un courant électrique lorsqu'ils sont soumis à une déformation mécanique. Prise en sandwich entre deux électrodes, ce réseau de fibres se transforme en capteur capable de détecter des particules de quelques micromètres.

Les scientifiques s'intéressent également à la fibre Vectran, utilisée notamment pour le cordage des voiles, les pneus de vélo ou les sangles de levage pour la manutention. Cette dernière, très légère et très résistante, pourrait servir à recouvrir les futurs habitats martiens gonflables, et en même temps à détecter les impacts susceptibles d'endommager la structure.

Encore mieux: des chercheurs allemands envisagent carrément d'envoyer une «machine à tisser» dans l'espace, capable de filer la roche lunaire en fusion avec des fibres textiles pour imprimer des habitats en 3D. Demain votre T-shirt en coton vous paraîtra bien stupide.

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