Relavity Space planifie un premier lancement en 2024, depuis Cape Canaveral en Floride. | Relativity Space
Relavity Space planifie un premier lancement en 2024, depuis Cape Canaveral en Floride. | Relativity Space

Relativity et ses fusées imprimées en 3D peuvent-elles battre SpaceX?

Certains investisseurs en semblent convaincus.

Balayer d'un revers de la main les réussites des concurrentes de SpaceX serait une erreur –s'il n'est pas atomisé dans l'opération, Jeff Bezos devrait pouvoir le confirmer le 20 juillet après ses trois minutes d'escapade spatiale dans la fusée de Blue Origin.

Difficile néanmoins d'ignorer que la firme d'Elon Musk a pris une avance considérable –tant technique que commerciale– dans la nouvelle course privée à l'espace, au point de faire agiter le chiffon rouge du monopole à certains de ses rivales et de placer l'Europe et Ariane dans un grand embarras industriel.

L'une d'entre elles, pourtant, semble intéresser de très près les investisseurs, gourmands à l'idée d'accéder à un marché qui pourrait, selon Morgan Stanley, «être la prochaine industrie à 1.000 milliards de dollars», et ce dès 2040. Il s'agit de Relativity Space, fondée il y a à peine six ans par Tim Ellis et Jordan Noone.

Sa dernière annonce pourrait effectivement donner quelques sueurs froides à SpaceX, comme aux autres. La firme, basée à Los Angeles, a annoncé début juin une colossale levée de fonds de 650 millions de dollars (535 millions d'euros), qu'elle consacrera au développement de sa Terran R, une fusée réutilisable entièrement imprimée en 3D qu'elle a présentée par la même occasion.

Les pieds sur Terre, la tête sur Mars

La Terran R est une évolution de la plus petite Terran 1, que l'entreprise compte faire voler pour la première fois cette année. Sur le papier, elle a de quoi damer le pion à la Falcon 9 de SpaceX –sinon la dépasser largement dans bien des domaines.

Comme l'explique Ars Technica, l'engin est porté par sept réacteurs nommés Aeon 1 et, contrairement à Falcon 9, il a été conçu pour être intégralement réutilisable. D'une taille similaire à la fusée-star d'Elon Musk mais ressemblant plutôt à une «version miniature de Starship», elle devrait de surcroît disposer d'une capacité d'emport de 20 tonnes, soit 20% de plus que sa rivale chez SpaceX.

Relavity Space planifie un premier lancement en 2024, depuis Cape Canaveral en Floride. Elle affirme avoir déjà signé quelques contrats –dont un avec un «client régulier» qu'elle n'a pas encore nommé. Les ambitions sont grandes autant que lointaines: comme Elon Musk, une inspiration avouée de Tim Ellis, le patron de Relavity pense à la Terre mais vise déjà Mars.

C'est selon lui tout l'intérêt du choix de perfectionner l'usage de l'impression 3D dans l'industrie spatiale. La colonisation de la planète rouge par l'être humain nécessitera une force de travail que seule une grande automatisation pourra permettre. Ce que la firme apprend ici avec ses fusées pourra être appliqué là-bas à la construction de structures et d'habitats.

Au total, Relativity Space a levé 1,34 milliard de dollars et emploie déjà 400 personnes: elle n'a certes encore lancé aucun de ses prototypes, mais elle semble avoir les moyens de ses rêves.

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