Et pourtant, elle tourne. Et tourne. Et tourne encore. | NASA's Marshall Space Flight Center via Flickr
Et pourtant, elle tourne. Et tourne. Et tourne encore. | NASA's Marshall Space Flight Center via Flickr

La Station spatiale internationale a dû esquiver les débris causés par une arme chinoise

Mais la mission Crew-3 est arrivée à bon port.

Avec le développement champignonesque de l'industrie des lanceurs à bas coût, à l'instar de SpaceX, la multiplication des projets spatiaux civils ou militaires, privés comme publics, la problématique des déchets spatiaux devient de plus en plus aigüe.

Dernier épisode en date: à quelques encablures du lancement de la mission Crew-3 par l'une des fusées et capsules d'Elon Musk vers la Station spatiale internationale (ISS), la NASA a annoncé avoir dû mettre cette dernière en branle afin qu'elle esquive un débris dont elle suivait la trajectoire, et qu'elle puisse accueillir les quatre astronautes (Raja Chari, Tom Marshburn, Kayla Barron et Matthias Maurer) en toute sécurité.

C'est son homologue russe Roscosmos qui a été à la manœuvre: elle a allumé les propulseurs de son cargo Progress MS-18 pendant 361 secondes pour permettre à l'ensemble de se mettre à bonne distance de cette potentiellement désastreuse poubelle orbitale.

Poubelles orbitales

Le débris en question n'est pas n'importe lequel: étiqueté 35114 par la NASA ou connu sous la référence 1999-025DKS, il a pour origine le test d'un missile anti-satellitaire effectué par la Chine en 2007, sur un vieil engin météorologique, Fengyun-1C, utilisé comme cible.

À l'époque déjà, l'émoi avait été vif dans la communauté scientifique: l'explosion avait créé la bagatelle de 3.537 débris spatiaux connus. Quatorze ans plus tard, 2.737 de ces déchets sont encore en orbite, et peuvent présenter un risque létal pour tout objet croisant leur route et nécessitent une surveillance constante.

Plus récemment, l'Inde créait un scandale similaire et devenait la quatrième puissance après la Chine, la Russie et les États-Unis en procédant à un test de missile similaire à celui de la Chine sur l'un de ses missiles, provoquant sa désintégration en 6.500 débris.

Logique dans un contexte où toute guerre du futur reposerait en grande partie sur une supériorité technologique dans l'espace, cette course à l'armement anti-satellitaire –où des projets de méga-constellations orbitales comme Starlink, dont 3% des mini-appareils sont déjà en panne– devient un péril qu'il est urgent de traiter.

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