Le chou romanesco a la particularité d'avoir une forme très complexe, idéale pour tester la résolution d'un appareil photographique. | Steven Lasry via Unsplash
Le chou romanesco a la particularité d'avoir une forme très complexe, idéale pour tester la résolution d'un appareil photographique. | Steven Lasry via Unsplash

Quand un télescope géant s'entraîne sur des brocolis

Des choux romanesco à la matière noire, l'itinéraire d'un appareil photo à 3 milliards de pixels.

D'ici à fin 2022, le télescope photographique de l'observatoire Vera Rubin, construit au sommet du Cerro Pachón, une montagne de plus de 2.600 mètres de haut au Chili, devrait plonger son regard électronique dans les mystérieuses infinités de l'univers. En attendant, il doit se contenter de scruter des choux romanesco.

Mélange entre un brocoli et un chou-fleur, le chou romanesco a la particularité d'avoir une forme très complexe. Sa surface et sa texture riches en détails en font un cobaye parfait pour tester l'impressionnante résolution de cette caméra, qui s'élève à 3,2 gigapixels et qui, en théorie, peut observer une balle de golf à 25 kilomètres.

Selon Space.com, les essais se sont avérés concluants. L'équipe chargée d'assembler l'appareil en Californie a déclaré avoir réalisé la plus grande photographie jamais prise. Elle serait si vaste que 378 téléviseurs 4k ultra-haute définition seraient nécessaires pour l'afficher en taille réelle.

Photographier l'invisible

Composé d'un plan focal de 64 centimètres et de 189 capteurs individuels, ce télescope photographique est un monstre de technologie, auquel les scientifiques souhaitent confier une tâche titanesque.

À peu près chaque nuit pendant dix ans, la caméra prendra toutes les quinze secondes une photo afin de générer une carte de l'univers en time-lapse, contenant une mine d'or d'informations astronomiques. Grâce à son champ d'observation très large (près de 40 fois la surface d'une pleine lune), l'appareil capturera les images d'environ 20 milliards de galaxies différentes.

L'objectif est double: d'un côté, l'enchaînement des photographies permettra d'observer la position et le comportement de nombreuses étoiles, tout en analysant les déplacements des astéroïdes et des comètes.

De l'autre, les images récoltées faciliteront l'étude des masses invisibles de l'univers et de leurs effets sur les corps et ensembles célestes –comme les fameuses matière noire et énergie noire, Graal de la physique moderne.

Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si l'observatoire a pris le nom en janvier 2020 de l'astronome américaine Vera Rubin: c'est elle qui avait validé l'hypothèse de l'existence de la matière noire dans l'univers.

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