C'est où, le bouton pour freiner? | Rod Long via Unsplash
C'est où, le bouton pour freiner? | Rod Long via Unsplash

Mars en quarante-cinq jours grâce à un laser géant, le rêve (pas si fou) de la NASA

Parfait pour minimiser l'exposition aux rayonnements cosmiques.

Vous connaissez Le Tour du monde en quatre-vingts jours, de Jules Verne? Préparez-vous à découvrir le trajet vers Mars en quarante-cinq. Rien à voir avec un roman d'aventures: il est ici question d'un projet bel et bien réel, imaginé par une équipe de chercheurs de l'Université McGill, au Canada.

Tout est parti d'un défi lancé en 2018 par la NASA, qui demandait alors aux ingénieurs de trouver un moyen d'envoyer 1.000 kg de charge utile sur Mars en quarante-cinq jours. Un laps de temps minime, bien loin par exemple des six mois prévus par SpaceX d'Elon Musk. Mission impossible pour autant?

Que nenni, répondent les scientifiques de l'Université McGill, qui suggèrent un super-laser comme moyen de propulsion. L'équipe propose en effet d'utiliser depuis la Terre un laser géant, avec un faisceau de 10 mètres de diamètre, pour propulser une fusée à une vitesse folle, direction la planète rouge.

Concrètement, ce laser vient frapper un réflecteur parabolique gonflable placé à l'arrière du vaisseau qui, de par son inclinaison, se met à chauffer une chambre contenant du plasma d'hydrogène. Du gaz est alors expulsé, provoquant la fameuse propulsion de la fusée. Attachez vos ceintures, ça va secouer.

Au total, le laser, qui est en fait composé de plusieurs faisceaux infrarouges d'environ 1 micromètre, est projeté pendant 58 minutes. Quant à sa puissance, elle est évaluée à 100 mégawatts –soit autant que l'alimentation de près de 80.000 foyers américains, précise Phys.org.

C'est en tout cas ce qui est nécessaire pour compléter l'équation et lancer la charge utile à 17 kilomètres par seconde vers Mars. On vous avait dit que ça allait secouer.

Un atterrissage qui pose question

La fusée propulsée va vite, très vite: au bout de ses quarante-cinq jours de voyage, sa vitesse est encore équivalente à 16 kilomètres par seconde. C'est là que les ennuis commencent. Sans moteur ni laser similaire sur Mars pour provoquer une poussée inverse, le vaisseau n'a pas beaucoup de solutions pour ralentir sa course. L'une d'entre elles serait l'aérocapture, ou aérofreinage, dans l'atmosphère de la planète rouge.

Là aussi, ça risque de sacrément secouer. Une telle manœuvre entraînerait en effet une décélération allant jusqu'à 8G, la limite humaine, souligne Science et Vie. Sans compter la chaleur intense provoquée par la friction atmosphérique.

Si quelques problèmes se posent encore avec cette méthode, nul doute que la recherche va intéresser la NASA, dont l'objectif reste inchangé: réduire le temps de trajet vers Mars pour minimiser l'exposition aux rayonnements cosmiques des cargaisons.

Et peut-être, un jour, transporter de la sorte des êtres humains. L'équipe de l'Université McGill a déjà une date en tête pour lancer une potentielle mission avec son laser: 2040.

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