Ce drone est bien seul, mais avec des dizaines de ses petits camarades, il pourrait aider l'humanité –ou ses armées. | Clay Banks via Unsplash
Ce drone est bien seul, mais avec des dizaines de ses petits camarades, il pourrait aider l'humanité –ou ses armées. | Clay Banks via Unsplash

Faut-il avoir peur des drones de l'armée anglaise?

Au Royaume-Uni et aux États-Unis, un hackathon organisé par l’armée aura lieu fin avril. Le but (officiel): développer un essaim de drones pour intervenir en cas d'incendie.

On connaissait les hackathons d’entreprises, d’écoles ou même politiques –mais pas encore ceux organisés par l’armée. C’est désormais chose faite. Le Laboratoire britannique des sciences et technologies de la Défense organise, en partenariat avec le laboratoire de recherche de l’Air Force américaine, le premier concours du genre, qui aura lieu fin mars pour sa version anglaise. Un autre événement du même type devrait suivre aux États-Unis.

Experts industriels, codeurs ou starts-up de la tech sont invités à participer par équipes à ce rendez-vous inédit dont l’objectif, pour le moins étonnant, consiste à développer des essaims de drones capables de lutter et même de prévoir les feux de forêt. Plusieurs critères entrent en compte pour remporter la victoire: l’autonomie des essaims de drones, leur capacité à collaborer pour agir ensemble et leur possibilité de prédire les incendies, le tout dans le but d’assister les services traditionnels dédiés aux incendies.

Pacifique, vraiment?

L'armées britannique et sa consœur américaine seraient-elles devenues pacifistes? C’est en tout cas ce qu’elles veulent laisser croire puisqu’elles ont précisé d’emblée que le concours n’aurait aucun lien avec un usage militaire de ces engins. Mais beaucoup doutent de leur vocation affichée, et pensent que cette profession de foi secouriste ne fait que masquer les intentions réelles des militaires.

Étonnamment, quelques jours après l’annonce de ce hackathon, le secrétaire de la Défense britannique, Gavin Williamson, annonçait sa volonté de développer des essaims «capables de confondre l’ennemi et de submerger ses défenses aériennes» dans une vision post-Brexit assumée –un investissement de 7 millions de pounds (soit 8 millions d'euros) avait alors été mis sur la table.

Ces fonctionnalités n’existent pourtant pas encore et il a promis que ces armées de drones fonctionneraient d’ici la fin 2019. Comment, alors, imaginer que les trois jours de programmation collaborative n’auront aucun lien avec une application militaire? Quand on sait que quelques drones parviennent déjà à stopper l’activité d’un aéroport pendant trois jours…

En attendant, les équipes participantes sont conviées du 29 au 31 mars à l’université Solent de Southampton. Les gagnantes seront invitées à l’ambassade de Washington D.C. pour énoncer leurs idées.

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